Rome, 1er février 2001 (APIC) Le mariage doit être considéré comme une réalité naturelle et non pas spécifiquement comme une «propriété» des chrétiens, a déclaré jeudi le pape Jean Paul II, en recevant au Vatican les membres du tribunal de la Rote romaine, à l’occasion de l’ouverture de l’année judiciaire.
Le tribunal de la Rote romaine est l’équivalent d’un tribunal d’appel. Il reprend des causes déjà jugées par les tribunaux ecclésiastiques, en particulier des demandes de reconnaissance de nullités de mariage.
«Quand l’Eglise enseigne que le mariage est une réalité naturelle, elle propose une vérité évidente de la raison pour le bien des conjoints et de la société», a relevé Jean Paul II. Le mariage, a-t-il insisté, n’interdit pas une «pleine et authentique réalisation personnelle, dans la paix et la sérénité».
Le fait que l’Eglise «confirme» cette «vérité évidente» par le sacrement, a précisé le pape, ne signifie pas pour autant que le mariage soit la «propriété» des chrétiens. Le sacrement du mariage proposé par l’Eglise est différent des autres sacrements par cet aspect spécifique qu’il a d’être «une réalité qui existe déjà».
Jean Paul II a donc déploré de «nombreuses équivoques» qui existent au sujet de l’aspect «naturel» du mariage, et qui conduisent, selon lui, à des «déviations» telles que les «unions libres» et «l’homosexualité». La tendance actuelle, a-t-il regretté, consiste à réduire le mariage à une institution «spécifiquement culturelle» et à une donnée sociologique.
La «diversité sexuelle» est une «inclination profonde de l’homme et de la femme», a insisté Jean Paul II, et non pas «le fruit de leur invention». Pour le pape, cette distinction entre la masculinité et la féminité «dépasse largement une notion historico-culturelle». C’est précisément par l’aspect naturel du mariage que la «diversité sexuelle existe», a-t-il estimé, et que l’homme et la femme peuvent établir «librement» entre eux «un lien préfiguré dans leur nature».
Pour le pape, c’est cette différence «intrinsèque» entre l’homme et la femme qui fonde l’indissolubilité du mariage, au-delà des mutations de la vie, des crises, ou des changements culturels et historiques. Cela explique enfin que le mariage ne se base pas uniquement sur «l’attirance» entre deux personnes dépendant de sentiments qui peuvent changer. Jean Paul II a en effet insisté sur la «puissance de volonté déjà existante dans la nature», qui soutient la stabilité du mariage.
1024 causes en cours
Les demandes de nullité de mariage adressées au Tribunal de la Rote romaine augmentent chaque année. Au 31 décembre 2000, 1024 causes étaient en cours. On remarque par ailleurs une croissance du nombre d’élèves de la faculté de droit canon qui participent aux cours donnés par la Rote romaine. Au début de l’année judiciaire, 139 élèves étaient inscrits, provenant d’Italie, de Pologne, de Roumanie, des Philippines, du Nigeria et d’Inde.
Le doyen de la Rote romaine, Mgr Raffaello Funghini, insiste sur le fait qu’un grand nombre de personnes peut bénéficier du «droit à la défense» de ce tribunal, puisque plus des deux tiers des causes traitées sont gratuites. (apic/imed/pr)
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