Fribourg: Rencontre des religieuses et religieux pour la journée mondiale de la vie consacrée
Fribourg, 2 février 2001 (APIC) Près de 200 religieuses et religieux du canton de Fribourg se sont retrouvés vendredi 2 février à la paroisse du Christ-Roi à Fribourg, à l’occasion de la journée mondiale de la vie consacrée. Ils ont porté leur réflexion sur le phénomène actuel de la marginalité, en se mettant à l’écoute de Sr Danièle Perrier, qui assure une présence quotidienne auprès des jeunes à la gare de Fribourg, et de Sr Louise Pittet, responsable du secteur « 3e âge » à Caritas-Genève.
La gare de Fribourg constitue un passage obligé pour une bonne partie des collégiens, apprentis, écoliers de CO et autres étudiants du canton. C’est cet endroit qu’a choisi il y a sept ans Sr Danièle Perrier, religieuse de la communauté d’Ingenbohl, pour rencontrer des jeunes dits « normaux », qui prennent le train ou le bus, ou zonent simplement pour rencontrer quelqu’un. « Le premier jour où je me suis rendue à la gare, j’ai d’abord été sur le quai aux heures de départ des trains. Il y avait toujours des jeunes qui les loupaient et ça me procurait une bonne occasion de les aborder. Je leur prêtais une tax-card pour qu’ils puissent téléphoner à la maison et j’en profitais pour ouvrir la discussion », raconte Sr Danièle. Les contacts suivants sont venus par effet « boule de neige », et actuellement la religieuse rencontre près de 160 jeunes différents par année, dont 40 à 50 dans le cadre d’un suivi régulier.
Avoir du temps pour les jeunes
Pour vivre efficacement une telle expérience, Sr Danièle souligne l’importance de disposer de temps. Les jeunes eux-mêmes expriment leur étonnement face à la disponibilité de leur interlocutrice. « Vous avez le temps? », demandent la plupart après 20 minutes d’écoute. « Qu’on leur consacre du temps signifie pour eux qu’ils sont importants », souligne Sr Danièle. La religieuse met également en évidence sa relation, qui n’est ni celle d’une assistante sociale, ni celle d’une enseignante. « Je suis avec eux pour un partage », précise Sr Danièle. Quant au message de foi, il passe davantage par des actes que par des paroles. Il se verbalise parfois, mais uniquement à partir des questions des jeunes.
La marginalisation guette les personnes âgées
Sr Louise Pittet, une religieuse fribourgeoise de la congrégation de St-Vincent-de-Paul, travaille comme assistante sociale auprès des personnes âgées du canton de Genève dans le cadre de Caritas. Elle a souligné dans son analyse de la société que le phénomène de marginalisation guette bon nombre de personnes âgées qui n’avaient pas connu de problèmes particuliers auparavant. « On sent chez beaucoup d’entre elles une sorte de fragilité qui peut dégénérer dans la pauvreté », souligne l’assistante sociale. « Dans les immeubles où elles habitent, les personnes âgées voient défiler les voisins et ont des difficultés à établir des relations stables ».
La perte du conjoint vient parfois précipiter le sentiment de solitude. A témoin, cette dame rencontrée par hasard par Sr Louise devant la tombe de son mari, décédé récemment suite à la maladie de Parkinson. Les derniers temps, la dame ne vivait plus qu’à son chevet et ne rencontrait pratiquement plus personne. A sa mort, l’infirmière qui venait pour les soins et la personne qui apportait la communion à son mari ont cessé leur visite, et la dame s’est retrouvée affreusement seule. « Elle a rebondi parce qu’elle avait la foi », souligne Sr Louise, qui prône la mise en place de groupes de contact dans les quartiers, afin d’établir un réseau de relations et assurer le lien avec les paroisses.
Engagement de l’Eglise au côté des exclus
L’abbé André Duruz, vicaire épiscopal dans le canton de Neuchâtel, a présenté en début de journée les principales options adoptées par le diocèse dans le cadre de la démarche de type synodal « AD 2000 ». Il a notamment insisté sur l’engagement de l’Eglise au côtés des pauvres et des exclus, qui correspond à la vocation de la plupart des communautés religieuses. A l’initiative de Frère Léo, un ancien aumônier de prison, l’abbé Duruz rencontre lui-même chaque premier lundi du mois douze à quinze marginaux, pour la plupart ex-prisonniers ou toxicomanes, pour un dialogue dans un esprit de franchise et d’ouverture. Il a invité les religieuses et religieux à chercher comment réaliser leur mission en tenant compte des changements de la société. « Il y a 50 ans, les métiers d’enseignante et d’infirmière étaient presque exclusivement réservés aux religieuses. Or, ce temps a bien changé et vous devez retrouver comment les vœux de votre communauté sont sources de libération, pour vous et pour les autres. »
Elections chez les religieux
La journée a constitué, pour les religieux, l’occasion de tenir leur assemblée générale annuelle. Ils ont élu à leur comité les pères Georges Ducret, Missionnaire de St-François de Sales, Daniel Mischler, de la Communauté du Saint-Sacrement, et Martino Serraglio, scalabrinien, curé de la Mission italienne. Les Pères Jean-Bernard Dousse, dominicain, et le carme Denis Chardonnens, ont été réélu pour un deuxième mandat de trois ans. (apic/bb)
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