France: Le Secours catholique France dénonce l’exploitation du pétrole dans le sud-Soudan Le gouvernement a déporté 700’000 personnes en moins d’un an

Paris, 11 février 2001 (APIC) En moins d’un an, près de sept cent mille personnes, essentiellement des chrétiens, vivant dans le Sud du Soudan ont été chassées de leurs habitations, a déclaré vendredi 9 février à Paris, Michel Roy, directeur de l’Action France et International/Secours catholique-Caritas. Elles ont été délogées et déplacées par le gouvernement pour permettre l’exploitation des ressources d’hydrocarbures par des compagnies étrangères. En outre, les réfugiés chrétiens qui ont fui dans le Nord du pays manquent de tout et sont discriminées par rapport aux populations musulmanes.

Au nom de l’Action France et International/Secours catholique-Caritas, Michel Roy dénonce le déplacement forcé qui a commencé en mai de l’année dernière. Il souligne que cette opération a exacerbé, dans cette partie du pays, la guerre qui oppose depuis 1983 le gouvernement aux rebelles de l’Armée de Libération du Peuple soudanais (SPLA). Un oléoduc de 1’300 km est maintenant installé non loin de l’endroit où vivaient ces populations.

Selon le responsable de l’organisation chrétienne française, le gouvernement soudanais tire un grand profit de l’activité pétrolifère. Elle lui permet de retrouver une place au sein de la communauté internationale et apporte au pays de l’argent frais. Cependant, a-t-il indiqué, les compagnies pétrolières qui exploitent cet or noir dans cette partie défavorisée du Soudan, exposent la population locale à des risques. A ce sujet, il leur a lancé un appel afin qu’elles prennent « conscience de cette situation » sensible.

La préoccupation de Michel Roy rejoint celle de la SPLA. A plusieurs reprises dans le passé, le mouvement rebelle a déclaré que les unités d’exploitation de pétrole constituaient désormais la cible de ses combattants. Les responsables de l’organisation armée craignent que le gouvernement n’utilise pour la guerre et l’achat d’armes, les ressources tirées de la vente du pétrole.

Villages mitraillés par les forces gouvernementales

En mai 2000, l’organisation de défense des droits de l’homme, Amnesty International (AI), s’était insurgée contre le traitement infligé aux habitants des zones pétrolifères. Selon AI, ces populations ont été « délibérément prises pour cibles » par les troupes gouvernementales. Elles ont été déplacées contre leur gré, ont subi des bombardements aériens. Des villages ont également été mitraillés à partir d’hélicoptères de l’armée, des exécutions sommaires, enlèvements, viols et tortures ont été perpétrés.

Selon le témoignage de militants soudanais de défense des droits de l’homme, cette situation a provoqué une fuite massive de populations, essentiellement chrétiennes, qui souvent, meurent en route. Dans la partie nord, musulmane, du pays, où est située la ville de Khartoum, la capitale du Cameroun, 4 millions de personnes venues du Sud, selon les organisations internationales, y sont réfugiées. Michel Roy a souligné que les chrétiens ne recevaient pas la même aide que les réfugiés musulmans et ne disposaient ni d’eau courante, ni d’infrastructures sociales tels que les dispensaires et les écoles. (apic/ibc/mjp)

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