Israël: 100’000 touristes musulmans ont visité Israël en l’an 2’000
Jérusalem, 13 février 2001 (APIC) 100’000 touristes musulmans ont visité Israël en l’an 2’000, selon la directrice du Département de statistiques du Ministère israélien du tourisme, Esther Sultan. Par contre, depuis l’éclatement de l’»intifada Al-Aqsa», en automne dernier, les pèlerins chrétiens boudent la Terre Sainte, car les territoires palestiniens occupés sont souvent bouclés, voire soumis à des tirs, et l’insécurité fait fuir les touristes.
Une étude israélienne montre que la situation politique et les questions de sécurité n’ont pas eu de grande influence sur les musulmans décidés à visiter l’Etat hébreu, malgré le fait que nombre de ces touristes viennent de pays pro-arabes qui n’ont pas de relations diplomatiques avec Israël. Il faut noter que la grande masse de ces touristes sont venus avant l’éclatement des troubles consécutifs à la provocation d’Ariel Sharon – l’actuel Premier Ministre israélien – sur l’Esplanade des Mosquées.
Le potentiel musulman est largement inexploité
Des chercheurs de l’Université de Haïfa ont mené récemment une étude pour sonder le potentiel du tourisme islamique en Israël et pour déterminer les besoins spéciaux de ce segment du marché touristique. L’on rencontre, selon l’étude, trois grandes catégories de touristes musulmans: les pèlerins, les touristes culturels et ceux qui visitent parents et amis en Israël.
Le tourisme en provenance de Turquie, défini principalement comme tourisme culturel musulman, et les pèlerins venant du Sud Est Asiatique et d’Afrique, ont apporté une contribution non négligeable à l’industrie touristique israélienne, notent les chercheurs de Haïfa. La principale conclusion de l’étude relève que le segment musulman du marché israélien du tourisme est déjà significatif mais reste encore largement inexploité.
Dans les territoires palestiniens, tous les employés de la branche touristique au chômage
«Depuis cinq mois, nous ne voyons ni touristes ni pèlerins. Les Lieux Saints sont vides, les hôtels sont fermés, tous les travailleurs du secteur sont au chômage. Nous demandons aux amis, aux prêtres, à tous les agents du tourisme: s’il vous plaît, revenez, nous avons besoin de vous!», lance le Père Raed Abu Sahlieh, qui travaille au service de presse du Patriarcat Latin de Jérusalem.
Le Père Abu Sahlieh, un prêtre palestinien, indique aux pèlerins de bonnes raisons pour retourner en Terre Sainte: «Vous serez accueillis dans des hôtels à cinq étoiles aux prix les plus bas jamais vus, vous éviterez les zones d’affrontements, vous visiterez au moins 95% des Lieux Saints du pays, vous donnerez un signe efficace de solidarité à la communauté chrétienne de Terre Sainte».
Terre Sainte «interdite»
Le Grand Jubilé de l’an 2000 a remis au premier plan l’expérience du pèlerinage. Les jeunes du monde entier ont redécouvert cette tradition antique. Mais aujourd’hui, la Terre Sainte est «interdite». Les pèlerinages aux Lieux Saints sont bloqués depuis le mois d’octobre 2000. L’éclatement de la violence, les nouvelles des morts, l’absence de garanties de sécurité ont découragé les organismes catholiques et les agences touristiques qui organisaient des voyages de manière régulière et habituelle.
«Depuis le début de la nouvelle intifada, nous n’organisons plus de voyages», a confirmé à l’agence d’information vaticane FIDES un membre de l’»Opera Romana Pellegrinaggi», chargé des voyages en Terre Sainte. Les Congrégations religieuses elles aussi ont interrompu le cycle des voyages. L’élection du «faucon» Ariel Sharon comme Premier ministre d’Israël – sa visite à l’Esplanade des Mosquées, le 29 septembre 2000, a entraîné la nouvelle «révolte des pierres» – laisse chez les organisateurs de pèlerinages des craintes et des attentes. Après des mois d’inactivité, et un seul court pèlerinage à Noël 2000, les Franciscains de Terre Sainte, qui ont la charge de la Custodie des Lieux Saints, reprendront les voyages au mois d’avril, en espérant une amélioration de la sécurité.
Depuis le 12 octobre 2000, les «Pellegrinaggi Paolini», parmi les organisateurs les plus actifs, ont interrompu la chaîne aérienne (5 vols par semaine, de 180 personnes chacun). Depuis lors, des petits groupes (de 20 à 30 personnes) se sont rendus de manière sporadique en Terre Sainte. L’»Opera Romana Pellegrinaggi» a l’intention de retourner à Jérusalem au mois de mars prochain.
«Pèlerins à Jérusalem, porteurs d’espérance et de paix»
Pour faire face aux problèmes liés aux visites, l’Œuvre a organisé pour le 14 février à Rome une table ronde sur le thème «Pèlerins à Jérusalem, porteurs d’espérance et de paix». Mgr Pietro Sambi, Nonce apostolique en Israël et Délégué apostolique pour Jérusalem et la Palestine, y participe. Pax Christi International, un mouvement catholique pour la paix présidé par Mgr Michel Sabbah, patriarche latin de Jérusalem, a l’intention de rompre la glace. Du 15 au 21 février, une délégation de Pax Christi visitera Israël et la Palestine. La délégation apportera sa solidarité aux partenaires du lieu. Le Mouvement, favorable à des négociations de paix sur les bases du droit international, veut étudier les conditions socio-économiques dans les territoires occupés, visiter Jérusalem, les camps de réfugiés palestiniens et les implantation de colons juifs. (apic/haar/fides/be)
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