Les occupations de lieux de culte continuent
Madrid, 16 février 2001 (APIC) Huit organisations de l’Eglise catholique en Espagne, dont quatre commissions épiscopales, réclament «des solutions humaines pour l’intégration effective des milliers de personnes se trouvant en situation irrégulière». Ces organisations estiment que la nouvelle loi espagnole sur les étrangers n’est «ni plus juste ni plus respectueuse que la précédente».
«Après l’entrée en vigueur de la loi sur l’immigration (»ley de extranjeria»), un nombre important d’immigrés sans papiers ont cessé d’exister officiellement, ils sont invisibles sur le plan légal, ils se trouvent sans documents et, dans une large mesure, ils sont voués au chômage, à la marginalité voire à la délinquance», affirme Mgr Juan José Asenjo Pelegrina, porte-parole de la Conférence épiscopale espagnole.
Dans une déclaration à l’occasion de la réunion de la Commission permanente de l’épiscopat, tenue à Madrid du 13 au 15 février, Mgr Asenjo Pelegrina rappelle le sort des quelque 150’000 à 300’000 immigrés sans papiers. Il demande que «tous les efforts possibles soient faits pour remédier à cette très triste situation, ne fût ce que de manière transitoire, au moins concernant ceux qui sont déjà parmi nous».
Non au «séquestre» des églises
Quant aux groupes d’immigrés qui occupent depuis déjà plusieurs jours des églises à Barcelone, Madrid, Valence et Murcia, Mgr Asenjo indique qu’il n’est «pas souhaitable que d’une manière systématique l’on nous séquestre – entre guillemets, a-t-il précisé – les églises, dont la fonction est le culte, la liturgie et l’évangélisation».
Mgr Carlos Amigo Vallejo, archevêque de Séville, voit dans ce genre d’actions en quelque sorte une faillite de la démocratie. Selon lui, il y a d’autres manières de se faire entendre: «les syndicats, le Parlement, les organisations du monde du travail sont là pour ça». Un document sur «Le trafic de femmes en Espagne», élaboré par les Commissions épiscopales de Pastorale Sociale et des Migrations, a été présenté aux évêques de la Commission permanente durant la réunion de Madrid.
Le jour même où la loi sur l’immigration entrait en vigueur, le 23 janvier 2001, huit organisations catholiques ont publié une note dans laquelle elles constatent que «la nouvelle loi n’est ni plus juste ni plus respectueuse que la précédente» concernant toute une série de droits, mais au contraire «plus restrictive». Ces organisations – Caritas, Justice et Paix, Manos Unidas, la Confédération Espagnole des Religieux et Religieuses et quatre secrétariats ou départements de la Conférence épiscopale – demandent au gouvernement «des solutions humaines pour l’intégration effective des milliers de personnes qui se trouvent en situation irrégulière en Espagne». (apic/cip/jc/be)
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