Allemagne: «Nous sommes l’Eglise» demande aux cardinaux de rester fidèles au concile

«Rien n’empêcherait d’élever une femme à la dignité de cardinal»

Hanovre,

(APIC) Rien n’empêche théologiquement d’élever une femme à la dignité de cardinal, a souligné lundi 19 février à Hanovre le mouvement de la base catholique allemande «Nous sommes l’Eglise». L’organisation en faveur d’une réforme de l’Eglise catholique demande expressément aux deux nouveaux cardinaux allemands Mgr Karl Lehmann et Mgr Walter Kasper de s’engager au sein du collège cardinalice pour une pastorale de ce temps et pour la mise en œuvre du Concile Vatican II. Mgr Kasper quant à lui voit dans sa nomination la reconnaissance de ses efforts en faveur de l’œcuménisme.

Le porte-parole de «Nous sommes l’Eglise», Christian Weisner, a indiqué que si la désignation des évêques Lehmann et Kasper ne signifiait pas encore la fin de l’»époque glacière de la politique ecclésiale», c’était tout de même un premier signe de dégel.

Il a rappelé l’engagement récent des deux prélats en faveur de la limitation du centralisme romain et de la convocation d’un nouveau concile. Le mouvement de la base allemand attend des gestes concrets dans les domaines des questions féminines et de l’œcuménisme. Le diaconat féminin doit enfin être mis à l’ordre du jour de la curie romaine. En ce qui concerne l’œcuménisme, il faut restaurer pas à pas auprès des Eglises sœurs la confiance mise à mal par la Déclaration romaine «Dominus Iesus», de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi.

Rien n’empêcherait théologiquement d’élever des femmes au rang de cardinal car le cardinalat n’est pas un ministère ordonné, poursuit «Nous sommes l’Eglise», dont l’action vise à réformer l’Eglise catholique et à l’adapter aux besoin de l’époque actuelle.

Réponse de Mgr Kasper

Directement interpellé, Mgr Walter Kasper a indiqué dimanche à Rome qu’il considérait sa nomination au rang de cardinal comme la reconnaissance du travail de théologien et d’évêque qu’il a accompli jusqu’à présent. Etre cardinal signifie pour lui une grande responsabilité face à l’Eglise dans le monde, en particulier pour ce qui touche à l’œcuménisme. «Confirmé dans la confiance du pape, je serai plus en mesure de faire avancer la cause de l’œcuménisme», a déclaré l’évêque allemand. Au sein de l’Eglise catholique mais également dans le dialogue avec les autres Eglises. L’œcuménisme est dans une période critique: de nombreux milieux ecclésiaux cèdent au découragement, déplore-t-il.

La nomination simultanée de quatre évêques allemands renforce l’identité de l’Eglise allemande en même temps que son lien avec Rome et avec l’Eglise universelle. «Même si elle a beaucoup à donner et si elle donne beaucoup à l’Eglise universelle, l’Eglise catholique en Allemagne doit se laisser gagner par la joie que les autres Eglises de l’Est vivent à travers la foi, joie qui lui manque un peu.

Pour Mgr Kasper, c’est un honneur et un devoir de prendre la suite du cardinal Augustin Bea, qui a réussi à faire passer le message de l’œcuménisme à travers Vatican II et qui a présidé le Conseil pontifical pour la Promotion de l’Unité des Chrétiens. Pour Mgr Kasper, les textes du concile constituent la charte fondamentale pour avancer dans le troisième millénaire, du point de vue de l’œcuménisme. (apic/kna/mjp)

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