«En soins intensifs, à Genève, témoigne Jacqueline Pécaut, la question se posait parfois de débrancher la respiration artificielle. Et encore étions-nous aidés par les enregistrements de l’activité cérébrale. Il fallait au moins trois encéphalogrammes plats. Même là, des malades sont venus brouiller la machine, nos pistes et nos certitudes. Non seulement certains n’étaient pas morts, mais encore sont-ils revenus à la vie, avec une intelligence tout à fait fonctionnelle». Ce qui est sûr, c’est qu’il faut donner à la société les moyens de développer les soins palliatifs, et dispenser une formation adéquate au personnel soignant et au corps médical. La lacune est grave, remarque le professeur Rapin. Aucune Faculté de médecine en Suisse n’a pour l’instant inscrit cette formation à son programme, si ce n’est un timide début, à Lausanne.
Dans un sondage consacré à la cause des demandes d’euthanasie, en Hollande, une étude médicale démontrait que la douleur ou la peur de difficultés respiratoire étaient loin d’arriver en haut de liste (5e et 6e position) des préoccupations. Et que le première soucis était de rester aux commandes de sa propre vie. Décider du moment où celle vie doit s’achever? «C’est incroyable, conclut Jacqueline Pécaut, on veut aujourd’hui décider du moment où l’enfant va naître. Et dicter sinon programmer, le moment de sa propre mort». (apic/pr)
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