APIC Rencontre
Visite du pape en Ukraine: le cardinal espère « raisonner » Alexis II
Rome, 25 février 2001 (APIC) Le nouveau cardinal Lubomyr Husar, archevêque majeur de Lviv des Ukrainiens gréco-catholiques espère pouvoir « raisonner » le patriarcat orthodoxe de Moscou, Alexis II, pour lui faire accepter la perspective du voyage de Jean Paul II en Ukraine du 23 au 27 juin prochain, a-t-il déclaré à Rome. Le patriarcat de Moscou est en effet hostile à ce voyage.
Pour le cardinal, la situation « n’est pas bloquée ». « Si le patriarcat de Moscou ne devient pas enthousiaste quand à cette visite, a-t-il ajouté, il peut au moins devenir plus ouvert dans les mois à venir et cesser de tenir des propos agressifs ». Selon le nouveau cardinal, le contexte de la visite du pape va beaucoup dépendre des démarches actuelles de Bartholomée Ier, patriarche oecuménique de Constantinople, qui envisage de reconnaître canoniquement les Eglises orthodoxes ukrainiennes indépendantes de Moscou qui seraient alors placées sous sa juridiction.
Ces Eglises sont, d’une part celle de Philarète Denisenko, autoproclamé « patriarche de Kiev », qui a voulu détacher l’Eglise orthodoxe ukrainienne du patriarcat de Moscou lorsque l’Ukraine a obtenu son indépendance en août 1991, et d’autre part « l’Eglise autocéphale ukrainienne » composée d’Ukrainiens rentrés d’exil au moment de l’indépendance de l’Ukraine. Pour le cardinal Husar, cette reconnaissance canonique, serait un « choc » pour le patriarcat de Moscou, comparable à celui du au printemps 1996 lorsqu’une partie des paroisses orthodoxes d¹Estonie étaient « passées » de la juridiction du patriarcat de Moscou à celle du patriarcat de Constantinople. Le patriarcat orthodoxe de Moscou exerce de fortes pressions sur Bartholomée Ier afin qu’il annule son voyage.
Pour l’archevêque majeur de Lviv des Ukrainiens gréco-catholiques, « cette reconnaissance changerait les conditions de la visite du pape ». En effet, le Saint-Siège devrait, pour le bon déroulement de ce voyage, traiter et parlementer avec ces Eglises alors canoniquement reconnues, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. « En Ukraine, a-t-il précisé, nous devons déjà traiter localement avec ces Eglises, parce que nous ne pouvons ni les ignorer, ni susciter des divisions supplémentaires vis à vis du peuple qui ne perçoit pas forcément toutes ces distinctions ».
Collaboration de l’Etat
Pour le cardinal Lubomyr Husar, l’Etat semble prêt désormais à collaborer pour la préparation de cette visite. En effet, un représentant de la présidence de la République ukrainienne est venu à Rome pour les cérémonies du consistoire les 21 et 22 février. A cette occasion il a, selon le cardinal, exprimé à la Secrétairerie d’Etat du Saint-Siège sa « volonté claire et précise » de faire venir le pape en Ukraine. Pour l’Etat ukrainien, a poursuivi le cardinal, cette visite est « un acte politique important ». « Il espère en effet, dit le cardinal, que le pape tiendra un discours en faveur de l’entrée de l’Ukraine en Europe, comme cela a été le cas pour la Roumanie lors de son voyage en mai 1999 ». (apic/imed/pr)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse