Visite du pape en Ukraine: Des responsables orthodoxes mettent en garde
Lviv, 25 février 2001 (APIC) Des responsables orthodoxes d’Ukraine ont mis en garde contre le risque de manifestations et de protestations publiques si le pape Jean Paul II effectue un pèlerinage en juin.
« Une visite devrait se dérouler dans un climat normal et fraternel – comment pouvons-nous tendre nos mains lorsqu’il existe encore des conflits entre nous? » a fait remarquer l’archevêque orthodoxe Adam Augustyn, de Lviv, en Ukraine occidentale, près de la Pologne, dans un entretien accordé à l’Agence œcuménique ENI. Lviv fait partie de l’itinéraire du pape.
« En tant que clergé, nous n’organiserons aucune action contre cette visite. Mais si la les orthodoxes choisissent de protester, comment pourrons-nous les arrêter? », menace-t-il.
L’Eglise orthodoxe d’Ukraine à laquelle appartient l’archevêque, est fidèle envers le patriarcat de Moscou de l’Eglise orthodoxe russe. Cette Eglise a ouvertement demandé au pape le mois dernier de « reporter » sa visite qui ne pourrait que renforcer les tensions dans une situation déjà difficile entre les chrétiens orthodoxes et ceux qui ont choisi de rester fidèles à Rome.
« Si nous avions des relations normales, raisonnables, je dirais à notre synode orthodoxe qu’il n’y a aucune raison de s’opposer à la visite », commente encore l’archevêque Augustyn. « Mais nous devons d’abord régler nos conflits. Nous n’encourageons pas les protestations illégales, mais nous croyons qu’un gouvernement devrait consulter le pays avant de prendre des décisions ».
Environ trois cinquièmes de la population d’Ukraine (50 millions d’habitants) sont orthodoxes, mais il y a trois Eglises orthodoxes distinctes. Seule l’Eglise rattachée à Moscou, avec 8’000 paroisses, est reconnue comme canonique par les Eglises orthodoxes à l’étranger.
L’Eglise grecque-catholique, forte de cinq millions de membres, qui avait été interdite par les Soviétiques pendant 44 ans et a retrouvé un statut légal en 1990, compte aujourd’hui six diocèses et 3’000 paroisses, la plupart d’entre elles à l’ouest du pays. Le renouveau de l’Eglise a provoqué des conflits concernant les biens d’Eglise, confisqués par les autorités gouvernementales sous le communisme et dans de nombreux cas remis aux orthodoxes.
Une plus petite Eglise – catholique romaine de rite latin, dont la plupart des membres sont des Polonais de souche (150’000) a quatre diocèses et 70 paroisses.
Visite mal accueillie
Le 22 janvier, le responsable de l’Eglise orthodoxe, le métropolite Vladimir de Kiev et de toute l’Ukraine, a adressé une lettre au pape Jean Paul II dans laquelle il exprime sa surprise que « la visite de Votre Sainteté à notre pays soit organisée et planifiée sans notification officielle à notre Eglise et sans invitation de sa part ». La lettre a été envoyée au pape après approbation des 42 membres du Conseil des évêques de l’Eglise orthodoxe d’Ukraine.
Le métropolite Vladimir a exhorté le pape à reporter sa visite à « une date plus favorable », ajoutant que la visite sera désapprouvée par des « des millions de croyants orthodoxes », ce qui rendra impossible une rencontre entre les représentants orthodoxes et le pape.
Dans une interview accordée à l’Agence Fides, le nouveau cardinal Lubomyr Husar, archevêque majeur de Lviv des Ukrainiens gréco-catholiques espère pouvoir « raisonner » le patriarcat orthodoxe de Moscou, Alexis II, pour lui faire accepter la perspective de ce voyage. (apic/eni/pr)
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