Symboles de la persécution de l’Eglise pendant le communisme

Pologne: Les béatifications du cardinal Wyszynski et du père Popielusko suivent leur chemin

Varsovie, 27 février 2001 (APIC) Après la clôture de la procédure diocésaine de béatification du cardinal Stefan Wyszynski, le 6 février dernier, celle du père Jerzy Popieluszko, assassiné par la police secrète le 19 octobre 1984, vient de se terminer par une célébration solennelle à Varsovie.

Les deux procès sont maintenant transmis à la Congrégation pour les Causes des Saints qui devra poursuivre les enquêtes et décider, au terme d’un examen méticuleux, si le cardinal Wyszynski primat de Pologne pendant plus de 30 ans et décédé en 1981, et le père Popieluszko, autrefois responsable des aumôniers du syndicat Solidarnosc, peuvent ou non être béatifiés.

Assigné sans procès

Comme l’a expliqué samedi 24 février le cardinal Jozef Glemp, primat de Pologne, au micro de «Radio Vatican», le cardinal. Wyszynski a joué un rôle décisif dans l’élection de Karol Wojtyla sur le trône de Pierre. Il est par ailleurs considéré dans son pays comme «le plus grand primat de l’histoire polonaise». «Il a conduit l’Eglise en Pologne pendant trente ans, pendant les dures années du régime communiste. Il a perdu sa liberté entre 1953 et 1956. Il fut assigné à résidence dans un couvent, sans aucun procès. C’est là qu’il élabora son grand plan pastoral».

Le cardinal Wyszynski avait dit à Karol Wojtyla, juste après la nomination de ce dernier comme pape, qu’il guiderait la barque de Pierre dans le troisième millénaire.

Des homélies restées célèbres

Le père Popieluszko , prêtre polonais, a assisté en 1980 à la naissance du syndicat Solidarnosc, qui jouera un rôle décisif dans la chute du régime communiste, non seulement en Pologne mais dans toute l’Europe de l’est. Ses homélies, prononcées au cours des messes pour la patrie, célébrées une fois par mois à partir de 1982 en l’église de Saint Stanislas à Varsvovie, sont restées célèbres. Des fidèles venaient de tout le pays pour y assister.

«Sa prédication était toujours profonde et fondée sur le catéchisme et sur les enseignements du Saint Père, a déclaré le cardinal Glemp. Pour lui, la vérité était quelque chose de fondamental. Sans la vérité, on ne peut pas obtenir la liberté que nous voulons.»

«Je me souviens très bien du jour où quatre hommes très sérieux, qui n’étaient pas du régime, sont arrivés avec le père Popieluszko, pour tenter de lui sauver la vie. Les gens sentaient déjà le danger. Ils m’ont demandé de l’envoyer faire des études à Rome. Je lui ai dit: ’Si tu le souhaites, je t’envoie à Rome’. Mais il m’a répondu : ’Non. Les gens ont confiance en moi. Si mes supérieurs me l’ordonnent, j’obéirai et je partirai’. Je ne pouvais pas lui demander de quitter Varsovie. Si je l’avais fait, on aurait dit que je collaborais avec le régime. C’était une situation dramatique. Il ne restait plus qu’à tout mettre entre les mains de la Divine Providence». (apic/zn/bb)

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