APIC Témoignage
L’esprit de Taizé a passé dans le troisième millénaire
Pour l’APIC, Urbain Ahonda
Barcelone/Fribourg, 4 janvier 2001 (APIC) Les quelque 200 jeunes Suisses dont plusieurs dizaines des cantons romands – qui ont participé à la 23ème rencontre européenne du 28 décembre au 1er janvier à Barcelone – ne sont pas prêts d’oublier leur passage dans le troisième millénaire. Sous l’égide la communauté de Taizé, qui fête 60 ans d’existence, ils ont vécu une Saint-Sylvestre sans pareille, sur la Placa d’Espagna de la capitale catalane, aux côtés de 80’000 jeunes venus de toute l’Europe.
Barcelone s’était mise sur son 31 pour passer le cap du nouveau siècle et du nouveau millénaire. Contraste: alors que la foule se massait autour du Palais des Congrès sur la Plaza d’Espagna pour admirer le feu d’artifice, plusieurs dizaines de milliers de jeunes venus des quatre coins de l’Europe et de tous horizons confessionnels, étaient assis à même le sol, alternant chants méditatifs et silence. A travers les mots de Frère Roger, le prieur de la communauté religieuses de Taizé, ils se sont remémorés les événements et les images de l’année 2000. Frappé par le charisme du fondateur de la communauté œcuménique sise au cœur de la Bourgogne, non loin de Cluny, l’un des 15 représentants vaudois s’exclame: « Je ne pense pas que Frère Roger sera un jour canonisé, mais pour moi, c’est un saint des temps modernes. »
La vraie source du bonheur
Car en dépit du charme de la vieille ville, de la magie des cafés et de l’attraction des plages toutes proches, les trois prières communes quotidiennes avec les frères de Taizé dans la « Fira de Barcelona » ont été les points d’ancrage de la grande majorité des participants à cette 23ème rencontre européenne. Pour Etienne Pillonel, de Fribourg, la griffe des rassemblements de Taizé, c’est la simplicité, l’accueil, la prière et la discussion. Chacun sent à l’aise pour exprimer ses convictions. Une simplicité qui trouve son écho dans les méditations conduites par Frère Roger: « la vraie source de bonheur ne se trouve pas dans la facilité mais dans l’humble don de soi-même pour comprendre les autres ».
Chaleur communicative des jeunes de l’Est
Lors des carrefours et des échanges en petits groupes, la forte présence des jeunes de l’Est n’est pas passée inaperçue. Leur chaleur communicative et la force de leur expérience de foi se situent dans la mouvance du renouveau spirituel intervenu après l’effondrement du communisme. « Même si la plupart d’entre eux sont pauvres, ils ont la même attente que nous face à la vie: ils veulent connaître le monde, rencontrer d’autres cultures et mentalités », relève un participant genevois. Certains d’entre eux, comme les 20’000 Polonais, arrivés en cars et en trains spéciaux, ont roulé trois jours durant à bord de véhicules vétustes et inconfortables, rapporte l’un des dix membres du groupe jurassien, Anne, jeune étudiante de Vicques (JU), visiblement impressionnée. Les Suisses quant à eux ont voyagé en wagons avec couchettes, dans un train de nuit comportant un « coin de prière roulant ».
Pour Rasa Gelumbeckaite, engagée dans l’aide aux enfants de la rue à Vilnius, en Lituanie, si l’Occident a beaucoup à donner à l’Est, il a aussi à recevoir de cette région du monde en matière de foi en l’avenir et de solidarité humaine. Selon elle, les peurs et les inquiétudes suscitées par la chute du Mur de Berlin cèdent aujourd’hui le pas à l’entraide, chez les jeunes.
Les petits plats dans les grands
Les paroisses de la capitale catalane et de sa périphérie se sont mises en quatre pour héberger la horde pacifique d’adolescents et de jeunes adultes. Les familles ont ouvert leurs portes en toute confiance et en toute amitié à des jeunes venus de très loin, pour certains d’entre eux. Carline de Moutier (BE), a été touchée par la gentillesse de ses hôtes, un jeune couple habitant à une heure de Barcelone, dans le village de Sentmenat. « Ils ont mis les petits plats dans les grands pour nous recevoir et nous ont conviés à un repas de fête pour le Nouvel An. La communication n’était pas facile mais nous étions sur la même longueur d’onde. Ils ont été émus de nous reconnaître lors de la messe retransmise à la télévision. » Josep Puigdomenechi Dubá, du petit village de Caldès de Montbui, situé à environ 30 km au nord de Barcelone, a accueilli onze participants de Fribourg. Il a souligné l’élan donné au groupe de jeunesse paroissiale par la préparation de la rencontre.
Pour le coordinateur suisse des rencontres de Taizé, l’animateur de jeunes Martin Gadient de Kriens (LU), les paroisses sont les premières bénéficiaires de ces grands rassemblements: nombreux en effet sont les jeunes qui ont choisi de s’engager dans la vie communautaire au retour des rencontres européennes de Paris (1978, 1983, 1988 et 1994), de Barcelone (1979, 1985, 2000), de Rome (1980, 1982, 1987), de Londres (1981, 1986), de Vienne (1992, 1997), de Wroclaw (1989, 1995), de Cologne (1984), de Prague (1990), de Budapest (1991), de Munich (1993), de Stuttgart (1996), de Milan (1998) et de Varsovie (1999). (apic/ua/mjp/pr)
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