Hans Küng reproche à Mgr Ratzinger de déformer Vatican II
Vienne,
(APIC) Le théologien suisse Hans Küng, âgé de 72 ans, considère la déclaration vaticane «Dominus Iesus» comme un recul au-delà de Vatican II. Concile qui a justement cherché à éviter qu’une Eglise puisse seule se considérer comme l’Eglise de Jésus-Christ, constate le théologien suisse dans une interview parue dans l’hebdomadaire autrichien «Die Furche». C’est dans ce sens que les pères du concile ont employé la formulation «subsistit» (existe, est réalisée) dans l’Eglise catholique romaine.
«Avec le cardinal Joseph Ratzinger, je suis l’un des rares théologiens encore de ce monde à avoir vécu le concile Vatican II et je sais dans quel esprit les décrets ont été promulgués. C’était un esprit d’ouverture progressiste. En tant que préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, Mgr Ratzinger a transformé une porte qui s’ouvrait sur le futur en porte qui se referme sur le passé. Car il cherche à tout ramener à la conception absolutiste de Rome», déplore l’ancien professeur à l’Université de Tübingen.
«Dominus Iesus» interprète l’expression ’subsistit’ comme la réunion de deux enseignements. D’abord, l’Eglise du Christ, en dépit de ses divisions, ne subsiste que dans l’Eglise catholique et ensuite, de nombreux éléments de sanctification et de vérité peuvent être trouvés en dehors de l’Eglise catholique, c’est-à-dire dans les Eglises et les communautés ecclésiales qui ne sont pas en pleine unité avec elle.
Hans Küng est d’avis en outre que si l’on ne cherchait pas toujours, du côté de la curie romaine et au nom de l’absolu, à freiner l’œcuménisme, «nous aurions déjà reconnu les ministères de l’Eglise réformée et nous partagerions une même Eucharistie». Le peuple chrétien est bien en avance sur la hiérarchie et sur Rome. Le prochain pape devrait se fixer comme toute première priorité la convocation d’un concile, affirme encore le théologien lucernois, connu pour être très critique face à la hiérarchie de l’Eglise catholique.
Tous dans le même bateau
A propos de son projet d’établissement d’une éthique universelle – il a créé une fondation du même nom -, qu’il défend auprès des Nations Unies, le théologien explique encore dans le magazine autrichien qu’aucune communauté ne peut fonctionner sans un minimum de normes communes. L’éthique mondiale exige elle aussi une coalition des croyants et des non-croyants. Dans la déclaration sur l’éthique universelle de Chicago, de 1993, si le nom de Dieu n’est pas mentionné, c’est que l’on n’a même pas de consensus à ce sujet avec les bouddhistes, relève le théologien.
«Si nous nous trouvons vraiment dans le même bateau, il ne s’agit pas de savoir si les juifs, les musulmans et les chrétiens justifient l’action humaine de la même façon. L’important est que tous rament ensemble et que personne ne soit jeté à la mer. Je ne peux cependant pas ignorer qu’il existe aujourd’hui des non-croyants tout à fait honorables qui défendent les mêmes normes éthiques que les croyants et les vivent parfois encore mieux que ceux qui se réclament de Dieu», nuance le théologien.
La dimension morale
Jésuites: Baisse des vocations en Amérique et en Europe
Ces dernières années, la Compagnie a perdu 300 membres par an
Washington, 5 janvier 2001 (APIC) La diminution du nombre des religieux est un défi pour la Compagnie de Jésus, notamment en Europe et en Amérique du Nord. Mais en même temps, dans cette dernière zone géographique, il est nécessaire d’approfondir l’évangélisation parmi les immigrés hispaniques, peut-on lire dans le dernier numéro de >, l’une des revues jésuites des Etats-Unis. Durant ces 12 dernières années, la Compagnie a perdu 300 membres par an…
Dans un premier article, le Père Dan Joyce présente le congrès qui se tiendra du 15 au 18 janvier en Californie en vue d’examiner la pastorale spécifique pour les catholiques d’origine hispano-américaine des Etats-Unis, congrès auquel participeront les jésuites oeuvrant dans ce secteur spécifique d’évangélisation.
D’après les statistiques, en l’an 2050 la moitié des catholiques Américains (aujourd’hui 57 millions) sera composée d’hispaniques. au Nigeria, observe que, durant ces 12 dernières années, la Compagnie a perdu 300 membres par an, et qu’à ce rythme on passera en 2005 des 21’354 jésuites actuels à 19’800 environ. En Europe, où la baisse est plus accentuée, en l’an 2010 on arriverait à 5’500 par rapport aux 7’623 actuels; aux Etats-Unis à 2’600 par rapport aux 3’635 actuels.
Le Père Schineller souligne cependant qu’une reprise de la Compagnie de Jésus est en cours en Afrique et en Asie, en particulier en Inde. Mais il n’y a aucun doute: > pour l’Europe et les Etats-Unis, écrit-il. Dans leur cas, le chemin à suivre est celui de >, qui est même . (apic/cip/vd/pr)
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