Inquiétude à l’aumônerie réformée zurichoise, débat en Argovie

Suisse: Les organisations d’aide au suicide admises dans les EMS de Zurich depuis janvier

Zurich, Frauenfeld, 7 janvier 2001 (APIC) La commission de l’aumônerie réformée des hôpitaux de la ville de Zurich se préoccupe des conséquences pour les pensionnaires et le personnel soignant, de l’entrée en scène, au premier janvier 2001, des organisations d’aide au suicide dans les maisons de retraite des bords de la Limmat. Le canton d’Argovie réaffirme pour sa part qu’il n’est pas dans les attributions du pharmacien cantonal de prescrire des doses létales de somnifères aux personnes qui en font la demande.

Depuis le début de l’année, dans la ville de Zurich, les organisations d’assistance au suicide comme «Exit» et «Dignitas» sont admises dans les maisons de retraite de la ville de Zurich où elles ont le droit d’aider les pensionnaires à passer de vie à trépas. En Suisse, attenter à ses jours n’est pas considéré comme un délit. Pas plus que l’assistance au suicide, pour autant qu’elle ne soit pas dictée par des intérêts personnels.

Dans une prise de position publiée vendredi, la commission des aumôniers réformés des hôpitaux et des homes déplorent que les personnes âgées, les malades et le personnel des institutions se voient contraints, de vivre des actes d’euthanasie active. Un surcroît de travail et de stress malvenus à l’heure de la pression économique et des restrictions de personnel, estime la commission qui demande que l’on se donne plutôt les moyens de dispenser des soins palliatifs adéquats et un accompagnement de qualité aux personnes âgées, malades chroniques ou en fin de vie.

Remous en Thurgovie

Le secrétaire général du Département des finances et des affaires sociales du canton de Thurgovie a pour sa part confirmé vendredi dans le journal de Frauenfeld (TG), la «Thurgauer Zeitung», que le pharmacien cantonal ne pouvait pas prescrire de dose mortelle de somnifère. Une femme atteinte psychiquement qui voulait en finir avec la vie s’est vu en effet récemment refuser une dose létale de barbiturique par le pharmacien cantonal, dont la décision a été appuyée par le Département de la santé et des affaires sociales. Le Gouvernement de Thurgovie doit en outre répondre à la question d’une députée de l’UDC qui demande quelle est le règlement en matère d’aide au suicide dans l’hôpital de Thurgovie cantonaux. Marlies Näf-Hofman est opposée à toute forme d’euthanasie active et tout assouplissement de la pratique en ce domaine.

Si les aumôniers réformés zurichois se réjouissent que l’euthanasie active soit toujours interdite dans hôpitaux de la ville, ils se disent en revanche «préoccupés au plus haut point» par les nouvelles prescriptions dans les établissements médicaux sociaux et les foyers pour personnes âgées de la ville concernant le «souhait de suicider avec l’aide d’organisation d’aide au suicide». L’ancien règlement obligeait les personnes à quitter la résidence pour mettre fin à leurs jours. Ce n’était peut-être pas optimal, reconnaît la commission de l’aumônerie, mais il tenait compte de l’intérêt général et respectait la communauté. La nouvelle situation va confronter l’ensemble des gens dans les institutions, les pensionnaires et le personnel, à l’euthanasie active.

Impliquées contre leur gré

Cela conduira à mettre en difficulté de nombreuses personnes dans les homes et cela occasionnera une surcharge de travail, poursuit le communiqué de la commission. Contre leur gré et sans moyens supplémentaires, les résidents, les médecins, le personnel soignant et les aumôniers auront à supporter les implications de l’assistance au suicide, alors que le blocage des effectifs rend déjà le travail difficile dans les institutions. Mieux vaudrait mettre à disposition les ressources financières, techniques et en personnel nécessaires à des soins palliatifs de qualité, qui sont d’ailleurs prévus dans le plan directeur des homes médicalisés, rappellent les aumôniers réformés.

Le cas d’une femme psychiquement atteinte qui avait fait appel au pharmacien cantonal pour obtenir une dose mortelle de Natriumpentobarbital (NaP) a soulevé des vagues dans le canton alémanique de Thurgovie. Selon l’édition de vendredi du quotidien local, le pharmacien cantonal, Mario Brunetti, et le Département cantonal ont refusé cette demande parce que le NaP pouvait être prescrit comme somnifère mais qu’il n’existait pas d’indication de ce médicament pour le suicide. Concernant l’aide au suicide, le pharmacien cantonal précise qu’il n’est pas de son ressort de prendre des mesures en dehors des dispositions juridiques cantonales. Il ajoute que le devoir de la collectivité est de protéger la vie «même si la discussion ne fait que commencer face à ce dilemme moral». (apic/rna/tz/wm/mjp)

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