Découverte de corps disparus depuis 30 ans
Panama, 9 janvier 2001 (APIC) L’Eglise catholique du Panama vient de demander à la présidente du pays, Mireya Moscoso, la création d’une « commission de la vérité » afin d’enquêter sur d’éventuels crimes de la dictature militaire qui a sévi dans le pays durant 21 ans. Cette demande fait suite à la découverte, dans un ancien quartier militaire, de corps disparus depuis 20 à 30 ans.
Selon le père Nestor Jane, porte-parole de la conférence épiscopale panaméenne, juge « urgente » la création d’une telle commission. Le prêtre estime que la découverte d’ossements humains dans l’ancienne quartier militaire de Los Pumas « doit avoir une suite, comme cela a été le cas dans d’autres pays comme El Salvador, le Guatemala, le Chili et l’Argentine ».
L’an dernier, les travaux de terrassement qui ont permis la découverte de ces ossements avaient été suspendus. Ils ont repris il y a quelques jours. 600 mètres cubes ont été fouillés, ce qui a permis, selon les témoignages de militaires, d’exhumer les corps de nombreuses personnes qui ont » disparu » dans les années 70 et 80. L’archevêque de Panama, Mgr José Dimas Cedeño, s’est dit confiant que les fouilles en cours vont permettre de retrouver le corps du prêtre colombien Hector Gammegos, disparu il y a trente ans. Selon le comité des familles de disparus, ceux-ci seraient quelque 120.
Les autorités panaméennes ont ordonné que soient recherchés et interrogés les anciens chefs de la caserne de Los Pumas, parmi lesquels l’ancien général Manuel Antonio Noriega, détenu à Miami pour huit délits de trafic de drogues et de blanchiment d’argent. En attendant, les travaux d’excavation se poursuivent dans l’ancien quartier militaire, à la recherche d’éventuelles tombes clandestines et de fosses communes.
Les militaires ont gouverné le Panama durant 21 ans, jusqu’à l’invasion militaire américaine de 1989. Le général Manuel Antionio Noriega, renversé, fut emmené de force aux États-Unis. (apic/cip/aci/bb)
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