Inde : une tribu discriminée à cause de la langue
New Delhi, 9 janvier 2001 (APIC) A travers l’idée de la supériorité d’une langue, ce n’est pas seulement le racisme qui se manifeste, mais une discrimination économique et sociale. C’est ce que dénonce Don José Anikuzhikattil, salésien, à la lumière de ce qui se passe à Tripura, dans le nord-est de l’Inde.
Le gouvernement de cette région exerce en effet une forme particulière de colonialisme culturel, étant donné que les populations tribales de Tripura doivent soumettre leur langue à une autre, jugée plus » développée « , à savoir le bengali. De cette prétendue supériorité, explique le Salésien, naissent les discriminations. La langue des populations locales n’est pas enseignée à l’école, comme c’est le cas dans d’autres régions. Surtout, le bengali est utilisé comme langue de test pour accéder aux études supérieures et, sans diplôme délivré par une école supérieure, il n’est pas facile de trouver un emploi. « Les tribaux connaissent suffisamment le bengali pour tout ce qui a trait aux relations interpersonnelles, mais pas assez pour passer le test; affirme Don José, et c’est pourquoi beaucoup de jeunes n’obtiennent pas un emploi, vu qu’ils n’ont pas la qualification requise ».
Le chômage est un prétexte pour « accréditer l’idée que les étudiants des tribus de Tripura sont moins intelligents que les autres dans les régions limitrophes », s’insurge le salésien. Or, dans le test d’entrée, contrairement à ce qui se passe ailleurs, la connaissance de la langue maternelle n’entre pas en ligne de compte pour juger de l’aptitude du candidat. C’est ainsi que, selon le Père Anikuzhikattil, « des milliers de jeunes abandonnent l’espoir d’avoir un avenir et confinent leur vie dans l’insignifiance. Et cela constitue un excellent départ pour la naissance d’une spirale de haine et de violence ». (apic/cip/bb)
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