Rome: Cellules souches embryonnaires sans passer par la production d’embryons humains?

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« Graves réserves » du Saint-Siège

Rome, 11 janvier 2001 (APIC) La fabrication de cellules souches embryonnaires humaines sans passer par la production d’embryons, débattue actuellement en Italie, ne repose sur aucun « fondement scientifique ». Cette technique suscite donc de « graves réserves » de la part de l’Académie pontificale pour la vie.

Le 29 décembre dernier, le ministre italien de la santé, Umberto Veronese, a présenté cette nouvelle technique, la « TNSA », dans un rapport de la commission « Dulbecco », qu’il avait chargée de trouver une voie d’accord avec l’Eglise catholique sur la question des cellules souches embryonnaires.

L’Eglise affirme en effet qu’il n’est pas licite moralement de produire des cellules souches embryonnaires humaines, dans la mesure où cela suppose la destruction d’embryons lorsque l’on prélève des cellules de leur masse cellulaire interne.

Le rapport « Dulbecco » espérait avoir trouvé un compromis. Il propose en effet de suivre le principe du clonage thérapeutique – le transfert du noyau d’une cellule d’un sujet donné dans un ovocyte humain énucléé ­ mais d’arrêter le processus du développement avant que l’on parvienne à un embryon. Il s’agirait donc de produire une « prolifération cellulaire » dont on obtiendrait des cellules souches avant qu’il ne s’agisse d’un embryon.

Selon l’Académie pontificale pour la vie, une telle technique est pour l’instant complètement « hypothétique ». L’état actuel des recherches ne permet pas d’éviter la formation d’un embryon, a-t-elle souligné dans une longue déclaration publiée dans « L’Osservatore Romano ».

Une technique inacceptable moralement

Le ministre italien de la santé ayant reçu néanmoins ces commentaires comme une « ouverture » de la part de l’Académie pontificale pour la vie, Mgr Elio Sgreccia, son vice-président, est intervenu de nouveau, et plus clairement, le 10 janvier sur les ondes de Radio Vatican. La technique proposée par le rapport ministériel est « simplement une hypothèse » qui n’offre « aucune garantie », a-t-il répété. Elle est pour l’instant une véritable technique de clonage que l’Académie pontificale pour la vie considère comme inacceptable moralement, puisqu’elle n’est pas possible sans la production d’embryons. L’hypothèse que l’on puisse arriver à des corps somatiques embryonnaires sans passer par la formation d’embryons n’est pas « crédible ».

Mgr Sgreccia a affirmé par ailleurs le 10 janvier qu’il est « inadmissible du point de vue éthique » d’utiliser des embryons déjà congelés pour la création de cellules souches embryonnaires. On ne peut pas supprimer un être humain pour en utiliser des « parties » pour d’autres êtres humains, a-t-il insisté. Pour le ministre italien de la santé en revanche, l’utilisation des embryons congelés pour « une cause noble » serait un « mal mineur », et en tout cas « préférable » à leur destruction. « Si les embryons étaient des personnes et que nous les interrogions sur la fin qu’ils voudraient avoir, je crois qu’ils n’hésiteraient pas à répondre qu’il vaut mieux qu’ils soient sacrifiés pour la science », a-t-il affirmé.

Un sujet qui suscite « trop d’émotivité »

Umberto Veronese estime même que cela permettrait de résoudre le problème éthique soulevé par l’Eglise concernant le trop grand nombre d’embryons actuellement congelés. Il propose par ailleurs d’encourager la congélation non plus d’embryons mais d’ovocytes dans les centres de fécondation artificielle, ce qui, pour l’Académie pontificale pour la vie, ne résoudrait pas le problème moral lié à la fécondation artificielle.

Pour Mgr Elio Sgreccia, le ministre italien de la santé devrait plutôt aujourd’hui encourager la recherche dans le domaine des cellules souches adultes, dont les possibilités semblent de plus en plus assurées. L’Académie pontificale pour la vie souligne en effet que les recherches actuelles laissent entrevoir une grande capacité d’utilisation ­ très proche de celle des cellules souches embryonnaires – de cellules souches pluripotentes trouvées dans différents tissus adultes, notamment dans la moelle osseuse, dans le cerveau ou dans le cordon ombilical. Le gouvernement italien devrait encourager de telles recherches, insiste-t-il, non pas seulement de façon théorique, mais par des contributions financières.

En attendant, Umberto Veronese a soumis le rapport « Dulbecco » au Conseil des ministres italiens, et espère qu’il sera envoyé au Parlement européen. Il ne souhaite pas, en revanche, le présenter au Parlement italien, où il estime qu’il y a « trop d’émotivité » à ce sujet. (apic/imedia/be)

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