Rome: Le ministre russe des Affaires étrangères reçu par Jean Paul II
Rome, 14 janvier 2001 (APIC) Le ministre russe des Affaires étrangères Igor Ivanov, qui a fait le déplacement de Rome à l’occasion de la pose de la première pierre d’une église orthodoxe russe dans la capitale italienne, sera reçu ce lundi en audience par le pape Jean Paul II.
Jean Paul II reçoit Igor Ivanov, le 15 janvier, deux jours après la pose de la première pierre d’une nouvelle église orthodoxe à Rome, la première qui dépendra directement du Patriarcat de Moscou. C’est le ministre russe lui-même qui a placé le 13 janvier la première pierre de cette église, dédiée à « Sainte Catherine martyre ». Jusqu’à présent, la communauté orthodoxe russe se réunissait dans une chapelle située au premier étage d’un palais romain, qui a longtemps dépendu du Patriarcat de Constantinople.
Un héritage du tsarisme
L’emplacement de la future église se trouve à une extrémité du territoire de la résidence de l’ambassadeur russe en Italie, la villa Abamelek, un grand parc situé à quelques centaines de mètres du Vatican, sur la colline du Janicule, d’où l’on aperçoit la coupole de la basilique Saint-Pierre. Il s’agit donc d’un lieu extraterritorial. Il avait été donné en cadeau à l’empire russe en 1916 par le prince Abamelek-Lazarev, avant que la première guerre mondiale et la révolution russe de 1917 n’interrompent un projet de construction d’église à cet endroit. La villa devait devenir ensuite le siège de l’ambassade soviétique, puis un lieu de
rassemblement pour les communistes soviétiques, longtemps considéré par les Italiens comme impénétrable et mystérieux.
La cérémonie de la pose de la première pierre était donc organisée, le 13 janvier, par l’ambassade de Russie en Italie. Parmi les invités, le ministre italien des Affaires étrangères, Lamberto Dini, a souligné l’importance symbolique de l’événement, qu’il a présenté comme une « expression concrète » de la « religiosité traditionnelle » des Russes, rendue possible par « la chute définitive des barrières idéologiques en Europe et la réaffirmation des principes de liberté, y compris religieuse, après la longue et sombre période du totalitarisme ».
Pas d’ouverture de la part du patriarche de Moscou
Pour sa part, le patriarche de Moscou était représenté, lors de cette cérémonie, par l’évêque orthodoxe Mgr Innokentij, adjoint du métropolite Kyril pour les relations extérieures du Patriarcat. Dans le message qu’il a envoyé pour l’occasion, Alexis II n’a fait aucune allusion au pape ni au Saint-Siège. Il a uniquement souligné comme « significatif » le fait que la
pose de la première pierre de cette église ait lieu « au début du troisième millénaire et dans un lieu aussi important que la ville de Rome ». Il semble par ailleurs qu’il ait refusé récemment l’église que lui proposait Jean Paul II pour la communauté orthodoxe russe de Rome, une chapelle celle de Saint Basile située au centre de la capitale, et possédant une belle iconostase.
Mgr Walter Kasper, secrétaire du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, qui participait à la cérémonie à l’invitation de l’ambassadeur russe, a cependant déclaré samedi être « convaincu » que la future église sera « un point de référence quotidien » dans le dialogue oecuménique entre le Saint-Siège et le Patriarcat de Moscou. Avec lui se trouvait Mgr Vincenzo Paglia, conseiller ecclésiastique de la communauté catholique Sant’Egidio, connue pour ses succès en matière d’œcuménisme.
Visite du pape en Russie: rien de concret en vue
Interrogé par le quotidien italien « Il Corriere della Sera » dans son édition du 14 janvier, Igor Ivanov a fait allusion quant à lui à sa rencontre avec le pape du 15 janvier en soulignant surtout « les bonnes relations » entre le Saint-Siège et la Fédération de Russie, et les « nombreuses convergences de vue » entre les deux Etats. Interrogé sur le désir du pape de se rendre en Russie, il s’est montré en revanche peu précis, en exprimant seulement le souhait d’un « élargissement constructif du dialogue entre le Saint-Siège et l’Eglise orthodoxe russe ».
Igor Ivanov a déjà rencontré le pape le 6 juin 2000, lors de la venue au Vatican du premier ministre russe Vladimir Poutine, et lors d’une audience privée le 25 octobre 1999. Ce jour-là, il s’était également entretenu avec le secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats, à propos du conflit en Tchétchénie, et des relations entre l’Eglise catholique et l’Etat en Russie. Il avait été question également du progrès des relations diplomatiques entre le Saint-Siège et la Russie, les deux Etats n’ayant pas pour l’instant d’ambassades à proprement parler, mais de simples « représentations ». (apic/imedia/be)
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