Les services de l’Etat sont devenus des « coupeurs de route »
Kinshasa, 17 janvier 2001 (APIC) La vie quotidienne du petit peuple dans le Congo du président Laurent-Désiré Kabila – assassiné mardi 16 janvier – est ubuesque quand elle n’est pas cauchemardesque: les services de l’Etat congolais se sont transformés en « coupeurs de route » qui rançonnent les passants, dénonce le Père Vata Diambanza, directeur-éditeur responsable de l’agence de presse catholique DIA. (Documentation et Informations Africaines).
Pas moins de dix services de l’Etat opèrent en toute quiétude sur l’axe Kinshasa-Kikwit en plaçant des barrages routiers pour rançonner et extorquer voyageurs et commerçants effectuant des navettes dans les deux sens. Parmi ces services, DIA cite: les Forces armées congolaises (FAC), la Police nationale congolaise (PNC), les Forces d’intervention spéciale (FIS), la Police d’intervention rapide (PIR), l’Agence nationale de renseignement (ANR), la Direction générale de migration ou DGM, la Direction générale des recettes administratives, judiciaire et domaniales, dite DGRAD. Figurent également sur la liste de DIA les Services de péage, les Transports et communications, le Tourisme, les Fonds de promotion culturelle ou FPC et la Police spéciale de roulage (PSR).
Les voyageurs rançonnés se plaignent de devoir payer cent francs congolais à chaque station; les commerçants et les propriétaires de véhicules de gros tonnage rackettés par les services de l’Etat aux doivent souvent débourser jusqu’à 20’000 francs. Même si le franc congolais ne valait qu’un quart de franc français – au cours officiel – le printemps dernier, cela fait malgré tout de grosses sommes pour une population frappée par la crise économique et payant très cher la déliquescence de l’Etat.
Détrousser en toute impunité
Des services aux missions mal définies effectuent des contrôles de routine tous les 5 à 10 kilomètres sur la nationale n° 1. L’impératif de sécurité due à la guerre ne justifie pourtant pas tel déploiement de services « plus prédateurs que sécurisants ». Leur inefficacité n’a d’égal que leur volonté de faire passer à la caisse toute personne capable de payer la taxe que les gens savent bien « imaginaire », car sans quittance. L’impunité de ces services est telle qu’ils opèrent dans la circonscription administrative de Kinshasa, la capitale du pays, sans être inquiétés outre mesure, constate désabusé le Père jésuite Vata Diambanza. (apic/dia/be)
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