S’opposer au démantèlement volontaire des structures sociales

Suisse: Forum du centième anniversaire de Caritas à Berne

Berne, 17 janvier 2001 (APIC) Lors du forum du centenaire de Caritas Suisse à Berne, les 15 et 16 janvier 2001, les intervenants ont rappelé à leur manière l’importance de la solidarité dans un monde globalisé. Ils ont également montré les différences entre les politiques sociales du Nord et du Sud et appelé à la création de structures contraignantes permettant le respect des droits sociaux fondamentaux.

«Une globalisation purement économique, portée par les mirages télévisuels du mode de vie dominant, est une bien pauvre utopie, lourde de terribles menaces», estime la conseillère fédérale Ruth Dreifuss, qui s’est exprimée lundi 15 janvier devant 250 participants en ouverture du Forum de Caritas Suisse. La conseillère fédérale estime que seuls des liens de solidarité et d’interdépendances permettront d’organiser une société globale. Ce forum constituait pour Caritas Suisse le lancement des manifestions en lien avec le centième anniversaire de l’organisation.

Riccardo Petrella, professeur d’économie à l’Université catholique de Louvain et fondateur du Groupe de Lisbonne, a enchaîné le prtemier jour en voulant «remettre le politique sur le siège du conducteur de l’auto». «Il faut réorganiser le système financier mondial et ôter au capital le pouvoir de décision en matière sociale», a lancé le professeur Petrella.

Les femmes désavantagées

L’économiste jamaïcaine Mariama Williams, spécialiste notamment des questions d’égalité entre hommes et femmes, a montré les différences existant entre les systèmes sociaux du Nord et du Sud : «Les systèmes formels privilégient nettement les hommes. Les femmes ont donc développé des systèmes informels comme des associations de crédit et d’épargne, des associations de consommateurs, des coopératives, des groupements s’occupant des besoins alimentaires». Pour Mariama Williams, l’Etat ne doit pas seulement corriger des imperfections du marché, il doit s’engager à offrir des services sociaux couvrant les besoins de base.

Responsabilité sociale ou intérêts économiques?

«Les engagements sociaux volontaires ne peuvent pas remplacer des contrats contraignants ou des droits sociaux fondamentaux», a déclaré pour sa part le jésuite Friedhelm Hengsbach, professeur d’éthique économique et sociale à Francfort. Ce dernier a dénoncé les «légendes» concernant la «nouvelle responsabilité sociale» qui circulent en raison «d’intérêts économiques et politiques».

Le chercheur jésuite a critiqué un Etat qui d’un côté licencie et de l’autre en appelle à un engagement de la société civile. Il appelle encore à s’opposer au «démantèlement volontaires des structures sociales». Au contraire, de nouvelles structures de solidarité et de nouvelles règles contraignantes doivent être créées.

Dominique Peccoud, conseiller pour les questions sociales et religieuses auprès de l’Organisation internationale du travail (OIT), a insisté quant à lui sur la nécessaire collaboration entre Organisations non gouvernementales (ONG) et l’OIT, lequel peut transformer en politiques d’excellentes solutions pragmatiques. (apic/com/bb)

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