A la recherche de Natascha et de Jan

Fribourg: Projet mondial de recherche sur Internet des enfants disparus

Fribourg,

(APIC) La petite autrichienne Natascha Kampusch et le jeune tchèque Jan Nejedly n’ont pas seulement le même âge, 12 ans. Ils sont tous les deux introuvables depuis 1998. Grâce à une technique hautement sophistiquée utilisée par la Fondation pour la recherche d’enfants disparus (FREDI), qui a son siège à Fribourg, leurs visages font leur chemin à travers les sites Internet du monde entier. Le programme informatique révolutionnaire Cobion a de sérieuses chances de retrouver leur trace sur l’un des millions de sites criminels de violeurs et de trafiquants d’enfants.

L’équipe de bénévoles de Fribourg compte à l’avenir lancer trois nouvelles recherches chaque mois, à l’aide de « Cobion » qui compulse, pour FREDI et depuis début janvier, les deux milliards de pages d’Internet.

Les disparitions laissent presque toujours des indices derrière elles

Il est difficile d’obtenir des données exactes sur les disparitions et les enlèvements, mais les estimations laissent entrevoir des chiffres très élevés. Dans la plupart des cas, on trouve rapidement des indices, les fugueurs ou les enfants enlevés par un membre de leur famille donnant tôt ou tard de leurs nouvelles.

En 1998, on a dénombré pas moins de 1’231 disparitions d’enfants en Suisse, y compris les fuites volontaires de la maison familiale. L’ordre de grandeur est de 200’000 cas aux Etats-Unis et de 50’000 en Europe. Pour la France, les experts évoquent 1’000 enlèvements au mobile criminel par année. Sur ce millier de kidnappings, seule une vingtaine n’ont laissé aucune trace derrière elles. Les statistiques criminelles allemandes de 1999 attestent quelque 2’000 rapts, enlèvements de mineurs et trafic d’enfants.

« La plupart des enfants et jeunes enlevés sont victimes d’abus. Impossibles à localiser géographiquement, ils réapparaissent souvent sur les photos publiées sur Internet par des sites pédophiles ». Le journaliste allemand Detlef Drewes, qui a découvert récemment plusieurs réseaux mondiaux d’abus contre les enfants, estime que quelque 16 millions, sur les deux milliards de pages que compte Internet, ont un contenu criminel. « La toile est une mine d’or pour débusquer les trafiquants d’enfants » poursuit Detlef Drewes. Avant le net, il n’y avait que peu de chances de mettre la main sur les grands criminels du milieu souterrain de l’exploitation enfantine.

Un drôle de logiciel pour un grand espoir

Depuis le début de l’année, de nouvelles voies d’investigation s’ouvrent aux parents et aux proches désespérés de personnes disparues. Comme du reste à la police et aux associations de protection de l’enfance et de la jeunesse. La pratique jusqu’ici consistait à lancer des avis de recherche avec la photo de l’enfant ou de l’adolescent disparu. Les personnes qui avaient reconnu le jeune disparu s’annonçaient et leurs indices étaient intégrés aux réseaux de recherche. La nouvelle technique permet pour la première fois des investigations complètement automatisées.

Le moteur de recherche hors du commun a été développé en Allemagne, par la firme Cobion SA, de Kassel, spécialisée dans le repérage de photos et de clichés sur Internet. Selon une technique complexe, les portraits des enfants et des jeunes disparus sont introduits dans le système et décodés selon des critères liés aux traits du visage. Plus on dispose de documents graphiques et plus il est simple pour le logiciel de s’imprégner des caractéristiques du faciès d’une personne, explique l’administrateur de Cobion SA, Jörg Lamprecht. L’ordinateur a ensuite la possibilité de localiser exactement le visage recherché sur les sites Internet où il aurait paru. Le logiciel peut reconnaître d’autres clichés de la même personne et même « imaginer » à quoi ressemble aujourd’hui un enfant disparu depuis plusieurs années. Les clichés de mauvaise qualité ne sont pas un obstacle pour la machine, utilisée par la fondation FREDI. Le coût d’une compilation d’Internet se situe entre 2’500 et 4’000 frs suisses, indique encore Detlev Lamprecht.

FREDI, une fondation pionnière

Cela fait quelques jours seulement que la Fondation pour la recherche d’Enfants disparus par Internet (FREDI) sise à Fribourg utilise le programme informatique high-tech de Cobion. La petite équipe de bénévoles fonde de grands espoirs sur ce nouveau mode de recherche qui peut exploiter aussi bien des photos privées qu’un instantané pris à la sauvette dans un aéroport ou sur un quai de gare.

La seule crainte émise par les volontaires de la protection de l’enfance de FREDI, c’est d’entrer en conflit de compétence avec les politiciens, les juges d’instruction et les enquêteurs de la police. Ce qui ne les empêche pas d’étendre leur initiative à toute l’Europe et même aux Etats-Unis. Ils ambitionnent d’offrir ce service de recherche, qui constitue souvent la dernière chance pour les parents des disparus, aux pays du monde entier.

L’annonce d’une disparition sur le site de FREDI est gratuite, même si l’équipe qui fonctionne jusqu’ici grâce aux dons de ses membres, ferait bon usage de tout soutien financier. Les pages du site Internet

sont tenues à jour grâce à l’appui financier du fournisseur d’accès fribourgeois « Management@Communications SA ». (apic/kna/adaptation française Marie-José Portmann)

« Surf safe » campagne suisse sur les dangers du net

Fondée en 1995, l’association FREDI unit ses efforts à l’association alémanique « Vermisste Kinder », dont le siège est à Zoug et à ADONET, active à Chiasso, Bellinzone et Lugano, pour une campagne nationale de sensibilisation aux dangers du net. Pendant deux ans, sur leurs sites respectifs, les trois associations publieront des pages de préventions destinées aux jeunes et à leurs parents, pour limiter les risques de maltraitance ou d’enlèvements. FREDi a également développé un CD-ROM qui contient 4 jeux inter-actifs pour prévenir les enlèvements et une liste de contrôle pour tester le niveau de sécurité des enfants.

Les associations proposent des consignes pour naviguer en toute sécurité sur la toile, sous le slogan « Surf safe ». Depuis le début de l’année, des posters diffusent ces consignes dans les écoles helvétiques. En automne 2001, un concours de dessin et de nouvelles sera lancé sur ce thème et dès le premier décembre, la campagne « Surf Safe » pourrait s’afficher sur des cabas ou sur des produits consommés par les jeunes. A condition que le sponsoring suive… (apic/fredi/mjp)

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