Dimanche de l’unité à Genève
. Cette profession de foi, lancée comme un défi lors de la fête de l’unité – ce credo œcuménique – a été repris, modulé et abondamment illustré tout au long des manifestations qui ont marqué, à Genève, le dimanche 21 janvier.
C’est la paroisse protestante de Saint-Pierre-Fusterie qui a ouvert les feux dès le matin, avec un «culte de l’unité» qui a fait cathédrale comble. Illuminée par les voix superbes d’un chœur féminin de gospel, l’ambiance naturellement froide de l’édifice a été également réchauffée par la verve du pasteur McComish, affirmant haut et fort sa volonté de «célébrer l’unité avec des amis», en dépit de la déclaration Dominus Iesus ou de l’article d’exception sur les évêchés. Parmi ces amis, il y avait l’archevêque Francesco Marchisano, président des Commissions pontificales pour les biens culturels et pour l’archéologie, et Bawa Jain, organisateur du Congrès Mondial pour la Paix à New-York. Et il y avait aussi, bien sûr, celui pour qui, sans doute, tant de personnes s’étaient déplacées: l’abbé Pierre, fondateur de la Communauté d’Emmaüs.
L’important c’est d’aimer
Avec des mots tout simples comme à son habitude, «le Gandhi européen» a rappelé que nous sommes encore loin de l’unité telle que voulue par Dieu, mais que l’essentiel, c’est de chercher à aimer, selon une définition qu’il répète souvent: «La vie, c’est un peu de temps donné à des libertés pour apprendre à aimer». Quant à la mort, «elle n’a rien d’atroce: ce n’est ni un vide ni une séparation ni un abandon, mais une rencontre longuement retardée avec un ami». Aux yeux du monde, en effet, a poursuivi l’abbé Pierre, c’est ce que nous faisons, et en particulier ce que nous faisons pour les plus pauvres, qui rend Dieu «croyable».
La diversité est une richesse
L’après-midi, la fête a investi le Centre paroissial protestant de la Jonction et tout le secteur avoisinant, qui abrite quantité de lieux œcuméniques. Sous le titre «Quel regard portons-nous les uns sur les autres?» une exposition de panneaux photographiques présentant chacun des 21 membres du RECG (Rassemblement des Eglises et Communautés chrétiennes de Genève) a permis aux nombreux visiteurs de saisir la diversité chrétienne à Genève. Une diversité que les aléas du dialogue – et parfois même du non-dialogue – font aujourd’hui apparaître comme une richesse à préserver absolument.
La guerre contre la misère
La foule, de plus en plus nombreuse, s’est ensuite rendue à l’église Sainte-Clotilde toute proche, pour la célébration finale. Grand moment d’émotion pour le curé Jacques Contraire, qui n’avait jamais vu tant de monde remplir son église! Autour de l’autel, les pasteurs Joël Stroudinsky et Christian van den Heuvel, (protestants), côtoyaient – entre autres – Mgr Pierre Farine et l’abbé Philippe Matthey (catholiques romains), Jean-Claude Mokry (catholique chrétien), Sue Nightingave (anglicane), Vergil Valcu (orthodoxe) et le père Philopatir (copte). Des représentants de l’Armée du Salut, de l’Eglise d’Ecosse, de l’Eglise roumaine, et de bien d’autres étaient là également, pour une cérémonie qui allait durer presque deux heures mais si chaleureuse «qu’on n’a pas vu le temps passer», se réjouissait une fidèle à la sortie. Temps forts de la célébration: un texte à deux voix, l’une catholique romaine et l’autre catholique chrétienne, sur «ces différences lourdes à porter», et un geste à mille mains – la distribution et le partage de baguettes de pain comme un symbole de fraternité. Et puis, à nouveau, la voix de l’abbé Pierre, s’adressant aux enfants: «J’ai vécu deux guerres, affreuses, vous, quand vous serez grands, il y a une guerre que vous pouvez faire: la guerre contre la misère». (apic/gladys théodoloz/pr)
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