La protection de l’embryon remonte à l’Egypte ancienne
Une attitude qui rappelle celle de l’Egypte ancienne, comme le montre un dossier du Magazine de l’Université de Fribourg (décembre 2000). Dans les papyrus médicaux et magiques, des formules mettaient l’embryon et la mère sous la protection de divinités majeures comme Bès, Thouéris et Serket. On en appelait également à Isis, Halthor et Nout pour la naissance ici-bas et la renaissance dans l’au-delà.
Deux embryons de quatre à sept mois ont été retrouvés dans la tombe de Toutankhamon, momifiés avec soins et placés dans de petits sarcophages royaux. Le prince Amon-Her-Kep a reçu une tombe magnifique dans la vallée des reines. Des statuettes plus tardives, renfermant des embryons, laissent penser que l’enfant était considéré comme une personne à part entière dès le stade fœtal.
Dans l’Antiquité classique, pour Aristote, toutes les âmes existaient en puissance dès le moment de la conception, contenues dans le souffle vital transmis par le sperme. Les anciens considéraient que l’embryon existait en tant qu’être humain à partir de ses premiers mouvements. Avant ce stade, l’avortement ne se distingue pas de la contraception.
Les juristes romains quant à eux jugeaient que l’embryon n’était qu’une partie des entrailles de sa mère, un viscère dont la destruction n’est pas considérée comme un homicide. Il n’était tenu pour un être humain qu’au moment de sa naissance. En cas d’avortement, des sanctions pénales n’étaient prévues que si le père jugeait que ses droits sur l’enfant à naître étaient lésés.
Au Moyen Age, les théologiens chrétiens n’hésitaient pas à condamner l’avortement mais spéculaient sur le moment de l’apparition de l’âme. Les Grecs se sont accordés assez tôt sur l’animation au moment de la conception tandis que les Latins, avec Thomas d’Aquin, la situaient au quarantième jour de la grossesse. Dans le code pénal de Charles V (1532), l’avortement était un délit d’homicide plus ou moins grave selon le stade auquel la grossesse avait été interrompue, précise encore le Magazine de l’Université de Fribourg. (apic/uf/mjp)
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