Birmanie: Appel au retrait de l’entreprise suisse de textiles «Triumph» de Birmanie

Des investissements qui soutiennent la dictature

Zurich,

(APIC) Dans une campagne de presse et une sensibilisation de la rue, la Déclaration de Berne et l’association «Clean Clothes Campaign» pressent le fabricant suisse de textiles «Triumph» de se retirer de la Birmanie, pays «sous la dictature des militaires». Les organisations ont annoncé la semaine dernière qu’elles se faisaient les porte-parole des institutions birmanes et internationales pour dénoncer les atteintes aux droits de l’homme du régime birman.

Spécialisée dans la production de sous-vêtements féminins, «Triumph» possède une usine en Birmanie. Elle fabrique des articles pour l’exportation sur un terrain loué au régime militaire. L’organisation de développement «La déclaration de Berne» (DdB) et «Clean clother campaign» (CCC) a publié une page entière dans l’hebdomadaire économique «Cash» et dans le journal du dimanche alémanique «Sonntagszeitung», pour enjoindre le groupe industriel helvétique d’arrêter sa production dans ce pays de l’Asie du Sud Est et de retirer ses investissements.

Protestation en forme de cartes postales

Soutenue par les Eglises suisses, par le biais de l’Action de Carême et de Pain pour le Prochain, la campagne pour une production textile équitable vise le même objectif en demandant aux passants de renforcer la protestation par l’envoi de cartes postales.

Sous régime militaire depuis 1998, la Birmanie enfreint systématiquement et massivement toute les conventions internationales sur les droits de la personne et du travail, dénonce la DdB. Pour enrichir ses membres et assurer son hégémonie, le régime en place recourt systématiquement au travail forcé, à la torture et à une répression de la population dans tous les domaines. La junte militaire travaille également avec des investisseurs étrangers qui profitent des salaires extrêmement bas et de l’absence de tout état de droit.

Une Prix Nobel demande le retrait des firmes étrangères

Toutes les instances et les institutions qui jouissent d’une certaine crédibilité sont acquises au principe d’un boycott économique du régime birman. La Prix Nobel Aung San Suu Kyi birmane qui préside la Ligue nationale pour la démocratie demande instamment aux entrepreneurs étrangers de retirer leurs investissements du pays. Une attitude encouragée par l’association faîtière des syndicats birmans (FTUB). Plusieurs groupes industriels internationaux ont suivi cette recommandation et ont quitté le pays. L’entreprise «Levi’s» explique par exemple qu’en faisant des affaires en Birmanie, on soutient directement le régime et les graves violations des droits de l’homme dont il se rend coupable.

L’Organisation Internationale du Travail (OIT) a demandé à 2’000 firmes de revoir leurs relations avec la Birmanie en juin dernier, sous l’angle du risque de travail forcé parmi les employés. Après l’Union européenne, le Conseil fédéral de la Confédération a également pris des sanctions en octobre 2000 contre cet Etat.

La CCC n’en appelle pas d’habitude au boycott d’entreprises ou d’Etats mais préfère travailler à l’amélioration des conditions de travail. Impossible d’emprunter cette voie en Birmanie et c’est pour cette raison que l’organisation a choisi de faire pression sur «Triumph», jusqu’à ce que la firme suisse accepte le retrait de ses intérêts en Birmanie. (apic/com/job/mjp)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/birmanie-appel-au-retrait-de-l-entreprise-suisse-de-textiles-triumph-de-birmanie/