Nigeria: La fustigation d’une fille-mère provoque des protestations internationales
Lagos, 24 janvier 2001 (APIC) La fustigation, exécutée vendredi dernier dans l’Etat nigérian du Zamfara, d’une fille-mère de 17 ans, continue de susciter des condamnations et des protestations. L’acte est considéré par l’Unicef comme une violation flagrante de la Convention des droits de l’homme.
L’Unicef (Fonds des Nations Unies pour l’enfance) souligne que la sentence, prononcée en vertu de la loi islamique (Charia), et son exécution sont une violation flagrante de la Convention sur les droits de l’Homme, souscrite par le Nigeria. Le gouvernement canadien, pour sa part, fait remarquer que les 100 coups de fouet ordonnés par les juges ont été infligés avec deux semaines d’avance sur le délai de présentation d’un éventuel appel.
Bariya Ibrahim Magazu avait été dénoncée à cause de sa grossesse et condamnée en septembre dernier par le tribunal islamique de son secteur pour avoir eu des rapports sexuels hors du mariage. La jeune femme avait affirmé avoir été violée par trois hommes âgés de son village, mais ses déclarations avaient été démenties par plusieurs témoins de sexe masculin. Par conséquent, elle avait été condamnée à 100 coups de fouet pour rapports extra-conjugaux et à 80 pour avoir faussement accusé trois hommes. Pour des délits de ce genre en effet, le témoignage des femmes n’est pas considéré valide; un imputé peut donc facilement être acquitté et poursuivre son accusatrice pour diffamation. L’application du verdict avait été suspendue jusqu’à l’accouchement. Peu avant l’exécution de la peine, les juges avaient réduit le nombre de coups à 100 de façon à ne pas laisser de traces. (apic/mna/bb)
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