Londres, 26 janvier 2001 (APIC) La violence à Jérusalem est en pleine contradiction avec la nature et la vocation de cette ville. Bien que Dieu l’ait voulue comme ville de la réconciliation, aujourd’hui c’est une ville de la non-réconciliation, a estimé Mgr Michel Sabbah, patriarche latin de Jérusalem, lors d’un symposium international sur « Le christianisme en terre sainte: passé, présent, perspectives futures », en cours à la cathédrale de Westminster, à Londres.
« La question de Jérusalem, a expliqué le patriarche, a un double aspect, politique et religieux. Le noeud politique doit être résolu par des partis en lutte, israéliens et palestiniens, rejetant toutes les formes d’oppression et d’occupation et sur les bases des résolutions internationales. A ce niveau Jérusalem Est de 1967 peut être capitale de Palestine, Jérusalem Ouest capitale d’Israël ».
Après la solution politique vient la solution religieuse. « Les leaders politiques et religieux doivent tenir compte de la sainteté de cette ville, patrimoine de l’humanité. Les chefs politiques doivent trouver un chemin spécial pour maintenir le caractère sacré de la ville, le respect et la sauvegarde des droits civils et religieux, la liberté de culte et la liberté d’accès en temps de paix et de guerre. Il est nécessaire d’approuver un statut spécial, reconnu par la communauté internationale pour garantir la stabilité. Donc cela ne veut pas dire internationaliser la ville, la soustrayant au légitime contrôle des gouvernants locaux, mais une reconnaissance normale nécessaire aujourd’hui pour tout accord ».
Concernant les chrétiens de Jérusalem, Mgr Sabbah rappelle l’exigence de la liberté de culte, mais aussi de la « dignité de vie, les mêmes chances pour tous et même droit de chaque religion et de chaque personne à vivre en pleine liberté dans sa propre ville ». Les chrétiens ne demandent ni privilèges ni protections spéciales, car ils sont citoyens et croyant comme les autres. Pour le patriarche latin, « l’unique protection valable pour tous, juifs, musulmans et chrétiens, sera de faire des lois justes et non discriminatoires, car la nature de Jérusalem et sa vocation divine n’admettent aucune discrimination et exclusivisme ».
En 1922, les chrétiens représentaient 51% de la population de Jérusalem. En 1947, ils ne représentaient plus qu’un tiers, et aujourd’hui seulement 2 %. Sur le thème de l’immigration Mgr Sabbah a déclaré: « Les chrétiens en Terre Sainte sont appelés par Dieu à rester ici . Même lorsque l’instabilité politique rend plus difficile la vie quotidienne, les chrétiens doivent affirmer leur identité, c’est une mission pour eux de rester où ils sont ». (apic/cip/pr)
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