Pour l’annulation de la dette du tiers monde et la Taxe Tobin

Porto Alegre: Intervention suisse remarquée au Forum Mondial des Parlementaires

De notre envoyé spécial à Porto Alegre, Jacques Berset

Porto Alegre, 28 janvier 2001 (APIC) Le premier Forum Mondial des Parlementaires, organisé dans le cadre du Forum Social Mondial, a qualifié la politique néo-libérale dominante de « recolonisation économique du monde » contre laquelle il faut s’unir et résister. L’intervention du conseiller national suisse Pierre-Yves Maillard dénonçant « la brutalité de Davos », le secret bancaire et le blanchiment d’argent sale dans les instituts bancaires suisses, a créé une certaine sensation.

Près de 400 parlementaires et députés de partis de gauche ou d’orientation chrétienne sociale de divers continents, dont un fort contingent latino-américain, participent du samedi 27 au lundi 29 janvier à la rencontre de Porto Alegre. Les députés présents envisagent de mettre sur pied un réseau international de parlementaires dans le but de soutenir plus efficacement l’action des mouvements sociaux et les luttes « citoyennes », de renforcer le pouvoir de la société civile, et de lui donner pleinement la parole au sein des assemblées élues.

Harlem Désir plaide pour la Taxe Tobin

A l’heure de la « recolonisation économique du monde », ils exigent l’annulation de la dette du tiers monde, l’adoption d’une taxation des mouvements spéculatifs de capitaux (adoption de la « Taxe Tobin ») ainsi que la fermeture des paradis fiscaux. Ils plaident également pour une réforme en profondeur de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et des institutions financières internationales comme le Fonds Monétaire International (FMI), dont les programmes d’ajustements structurels qui frappent les plus pauvres ont été fortement critiqués.

Une « taxe sur le péché »

B une lance en faveur de la Taxe Tobin, le député socialiste européen Harlem Désir a affirmé que le montant des transactions sur les marchés des devises s’élevait à 1’800 milliards de dollars par jour, alors que le total annuel des échanges de marchandises et de services ne se montaient qu’à 4’500 milliards de dollars. Le député français voit dans la Taxe Tobin un bon moyen pour freiner cette spéculation effrénée, qui a déjà entraîné des crises financières désastreuses, comme la récente crise asiatique.

C « taxe sur le péché » pourrait générer des revenus, selon le taux adopté, de 50 à 250 milliards de francs annuels, alors que selon le PNUD, le Programme des Nations Unies pour le développement, il ne faudrait que 30 à 40 milliards de dollars annuels pour éliminer les formes les plus graves de pauvreté dans le monde. Et Harlem Désir de lancer l’idée d’un parlement mondial auprès de l’ONU qui serait chargé de gérer ce fonds structurel de cohésion sociale. Plusieurs centaines de députés dans divers pays d’Europe et au Parlement européen ont déjà réclamé une telle taxe sur les transactions spéculatives.

La dette ne peut être payée, mais elle maintient les pays du Sud dans la dépendance Abondant dans son sens, le Cubain Ricardo Alarcon de Quesada, président du Congrès à La Havane, a dénoncé la « dette odieuse » du tiers monde (une qualification que les Etats-Unis utilisaient au début du siècle passé pour désigner la dette de Cuba à l’égard de l’ancienne colonie espagnole). Une dette qui, par le jeu du paiement d’intérêts à des taux usuraires, a déjà été payée plusieurs fois. A ses eux, les pays créanciers savent que cette dette ne pourra jamais être remboursée, « mais elle sert à maintenir les pays du tiers monde dans la dépendance, attachés comme des serfs >>. (apic/be/pr)

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