Mexique : Des religieux soutiennent les zapatistes dans leur marche vers Mexico
Mexico, 29 janvier 2001 (APIC) La commission de la Conférence épiscopale mexicaine qui, dans le passé, s’est consacrée à l’étude d’une solution pacifique pour le conflit au Chiapas, doit être rétablie : c’est ce que réclame le père Edgar Cortes, jésuite, directeur du Centre pour les droits de l’homme » Miguel Agustin Pro Juarez « , dans la revue » Esquila Misional » des missionnaires comboniens. L’épiscopat, pour sa part, se montre divisé face à la marche du mouvement zapatiste.
Le jésuite Edgar Cortes s’est exprimé à quelques jours de la marche vers Mexico des zapatistes, sous la conduite du « sous-commandant Marcos », initiateur de la révolte du 1er janvier 1994. La marche doit avoir lieu prochainement. Au Mexique, les religieux font beaucoup d’interventions pour soutenir les droits humains des Amérindiens en s’adressant au gouvernement. Au Chiapas et à Mexico, par exemple, le Centre « Bartolomé de las Casas », dirigé par les dominicains, est très actif.
Le dimanche 21 janvier, au terme d’une célébration eucharistique, Mgr Onesimo Cepeda, évêque d’Ecatepec, dans l’État de Mexico, et président de la Commission pour les communications sociales de l’épiscopat, avait déclaré que le commandant Marcos devrait être arrêté comme un délinquant s’il sortait du Chiapas armé et sans autorisation gouvernementale.
Le Père Edgar Cortes, de son côté, précise dans l’entretien accordé à la revue combonienne que le Parlement a approuvé en mars 1995 une loi qui « prévoit que les zapatistes peuvent se rendre à Mexico ». « En tant que Centre pour les droits de l’homme, ajoute-t-il, nous suivrons avec beaucoup d’attention la visite, en tenant compte de son objectif, et si nécessaire, en documentant et en dénonçant les épisodes de violence qui pourraient éventuellement se vérifier pendant la marche. En outre, je crois que notre contribution consistera à informer le plus possible sur la nature des droits des peuples indigènes, quels sont ces droits et pourquoi ils doivent être reconnus par la Constitution mexicaine. »
Pour Mgr Alvarado, une marche positive si elle favorise la paix
Suite aux déclarations de Mgr Onesimo Cepeda, « Esquila Misional » a également interviewé Mgr Abelardo Alvarado, secrétaire général de la Conférence épiscopale mexicaine, dont la position est plus nuancée. « Mon opinion au sujet de la marche zapatiste n’est pas celle de tout l’épiscopat mexicain, car nous ne nous sommes pas réunis pour prendre de position en la matière, étant donné que nous ne le jugeons pas nécessaire, déclare Mgr Alvarado. La marche des zapatistes vers la capitale peut être positive et approuvée, avec réserve, à condition qu’elle favorise le dialogue et le processus de paix au Chiapas. »
« Cette initiative vise à faire pression sur le Congrès pour lui faire approuver la loi sur les droits et la culture indigènes, mais je ne pense pas qu’elle aura un impact sur les législateurs, qui savent déjà comment procéder, précise Mgr Alvarado. Je crois que plusieurs secteurs craignent et sont hostiles à cette initiative, notamment les entrepreneurs, qui ont exprimé leur opposition et protesté contre le gouvernement du président Vicente Fox, trop conciliant avec le sous-commandant Marcos selon eux. On craint en outre que la marche ne suscite des désordres, des violences et des dommages à l’économie du pays, car nombre d’entrepreneurs étrangers pourraient décider de se retirer. Et les conséquences pourraient être multiples. Il est important que le leader zapatiste précise ses intentions et que la marche soit pacifique, son succès dépendra de la société civile. »
Mgr Arizmendi plutôt que Mgr Ruiz
Quand les journalistes ont interrogé Mgr Luis Morales Reyes, président de la Conférence épiscopale, sur la possibilité de nommer un intermédiaire entre le gouvernement et les zapatistes, il a répondu que Mgr Ruiz n’était pas la personne indiquée et que si l’épiscopat avait nommé quelqu’un, ce quelqu’un aurait été l’actuel évêque de San Cristóbal, Mgr Felipe Arizmendi. Et qu’un groupe avait été requis pour la médiation, et c’est la Commission pour la paix et la réconciliation qui avait été choisie. Je ne veux pas dire par là que Mgr Ruiz n’est pas pris en considération. «
Quand on lui demande si l’Eglise avait programmé des activités avec les Indiens qui arriveront du Chiapas, Mgr Alvarado dit ignorer si une rencontre ou une autre initiative sont prévues. » L’épiscopat a une commission de pastorale indigène qui serait l’organisme approprié pour prendre part à une éventuelle initiative si cela était jugé opportun « , relève-t-il. (apic/cip/vd/mna/bb)
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