Guatemala: Nouvelle mort mystérieuse dans l’affaire Gerardi

La 7e personne impliquée à mourir «mystérieusement

Guatemala Ciudad, 30 janvier 2001 (APIC) Luis Alberto García, que l’Office des droits humains de l’archidiocèse de Guatemala (Odha) soupçonne d’être impliqué dans l’assassinat, le 26 avril 1998, de Mgr Juan Gerardi, évêque auxiliaire de la capitale, est mort lundi au centre de détention pénale de la zone 18 de Guatemala Ciudad. Il s’agit de la 7e mort «mystérieuse» d’une personne soupçonnée de participation au meurtre. L’enquête reste au point mort.

Luis Alberto Garcia, qui était en attente de jugement, était accusé d’avoir participé à deux attaques de banques à la fin de l’année dernière. Il a été trouvé agonisant dans un camion en stationnement dans la cour du pénitencier. Selon un rapport des autorités carcérales, il se serait suicidé pour des motifs conjugaux. L’Odha relève de son côté qu’il s’agit de la septième personne soupçonnée d’être impliquée dans l’assassinat de Mgr Gerardi à mourir dans des circonstances «mystérieuses», et cette fois à la veille de l’ouverture du procès qui doit faire la lumière sur cet assassinat.

Aucun rapport de la présidence

En marge de cette mort encore mystérieuse, l’enquête sur la mort de Mgr Gerardi piétine. La Présidence de la République guatémaltèque n’a envoyé aucun rapport à la magistrature au sujet des circonstances du meurtre de l’évêque guatémaltèque.

C’est ce qu’a déclaré ce 28 janvier le responsable du Secrétariat d’analyse stratégique (Sae), Edgar Gutierrez, révélant ainsi que le président Alfonso Portillo n’a pas tenu ses promesses quant à la collaboration de la présidence aux enquêtes sur l’identification des coupables.

Peu après son arrivée au pouvoir, Portillo avait assuré qu’il rendrait publique une liste détenue par le ministère de la Défense, avec les noms de personnes soupçonnées d’implication dans l’assassinat. L’été dernier cependant, l’Office des droits de l’Homme de l’archevêché (Odha) avait accusé le président de ne jamais avoir remis au ministère public compétent la documentation promise.

Ouverture du procès à la mi-février

En attendant, le procès de cinq accusés pour l’homicide (trois militaires, un prêtre et une domestique) approche – devrait s’ouvrir à la mi-février. L’accusation présentera 94 témoins, le Parquet 50 et l’Odha 44. Le dossier de l’accusation contient également le document «Guatemala nunca más» (Guatemala jamais plus), concernant les crimes commis durant la guerre civile guatémaltèque (1960-1996), rédigé dans le cadre du projet diocésain sur la mémoire historique et la justice, un document que Mgr Gerardi avait présenté deux jours avant son assassinat.

Le document de Mgr Gerardi accuse les militaires d’être responsables de plus de 100’000 morts et 50’000 disparitions durant la guerre civile. Trois anciens militaires, accusés d’être les auteurs matériels du meurtre ont été mis en cause: le colonel à la retraite Byron Disrael Lima Estrada, ancien responsable des services secrets de l’armée, son fils, le capitaine Byron Miguel Lima Oliva, et l’agent d’État-Major présidentiel José Obdulio Villanueva. La justice a également inquiété la servante de Mgr Gerardi, Margarita Lopez, et le Père Manuel Orantes, son assistant, qui partageait avec lui la maison paroissiale de San Sebastian. (apic/cip/mna/bb)

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