COE: Pas d’unité de vue des Eglises réunies à Potsdam au sujet du recours à la violence
Potsdam, 30 janvier 2001 (APIC) Mise au service d’une cause juste, la violence peut-elle se justifier se sont demandé les 158 délégués du Comité central du COE, réunis du 29 janvier au 6 février à Potsdam, ville sise non loin de la capitale allemande. Pour le catholicos Aram I, la violence «sape l’intégrité, affecte l’unité et remet en cause la crédibilité de l’Eglise» mais elle ne peut être condamnée comme ultime recours contre l’injustice». L’évêque luthérienne Margot Kassmann, de Hanovre, en Allemagne, a rétorqué que l’Evangile ne pouvait cautionner l’usage de la violence, même en dernier recours.
Le président du Comité central du Conseil œcuménique des Eglises a évoqué la «Décennie ’vaincre la violence», qui vise a encourager les Eglises, les organisations et les individus à œuvrer ensemble pour de la paix et à trouver une «approche commune» pour mettre un terme a la violence.
L’alliance aveugle des Eglises avec la nationalisme et les gouvernements remet leur rôle prophétique en cause. Les Eglises sont souvent appelées à choisir entre les intérêts de leurs pays et message de l’Evangile, comme lors des conflits en Irak, au Moyen-Orient ou au Kosovo». Certains leaders religieux et certaines Eglises membres étaient opposés à toute action militaire alors que d’autres justifiaient la guerre en dernier recours.
Pas de terrain d’entente entre les Eglises
Le catholicos Aram, qui vient du Liban, a souligné que les Eglises n’avaient pas réussi à trouver «un terrain d’entente» sur le recours à la violence pour combattre l’injustice. La révolte en Palestine, après tant d’années d’action non violente et de patientes négociations, n’est-elle pas un exemple supplémentaire de ’la violence en dernier recours’? Nous ne pouvons pas condamner la violence lorsqu’elle est employée, comme ultime option, au service de la justice et de la dignité humaine.»
L’évêque luthérienne Margot Kassmann, de Hanovre, en Allemagne, a réagi aux propos du président en déclarant que l’Evangile ne justifiait pas la violence en dernier recours. Lorsque Jésus a été arrêté dans le jardin de Gethsemani, il a demandé que l’épée – que l’un de ceux qui l’accompagnait avait tirée pour le défendre – soit remise au fourreau.
L’évêque Kassmann a déclaré qu’elle ne connaissait aucun cas où le cycle de la guerre avait été brise par l’intervention violente.
Reconnaissant qu’il ne pouvait y avoir de paix sans justice, et de justice sans paix, Fernando Enns, de l’Eglise mennonite d’Allemagne, à l’origine du lancement de la Décennie ’vaincre la violence, a déclaré que rien ne justifiait la violence en dernier recours.
Toutefois, le catholicos Aram a reçu le soutien de Trond Bakkevig, de l’Eglise de Norvège qui a rappelé que durant la deuxième guerre mondiale, son père avait pris les armes dans le cadre de la résistance a l’occupation nazie de son pays.
Natan Setiabudi, de l’Eglise chrétienne indonésienne, a déclaré que les chrétiens des Moluques, déchirées par les conflits entre musulmans et chrétiens pendant plus de deux ans, «ne pouvaient plus tendre l’autre joue, puisqu’il ne leur en restait plus». (apic/eni/bb/mjp)
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