Sénégal: Colloque africain sur la traite des noirs et la réparation

«L’esclavage est un crime conte l’humanité»

Dakar, 1er juillet 2001 (APIC) Une centaine d’intellectuels africains, historiens, politiciens, universitaires, représentants d’organisations de défense des droits de l’homme, se sont réunis à Dakar sur la «traite (négrière) et réparation». Ils ont réclamé, le 26 juin à la clôture de leurs assises, une «réparation», estimant que ce serait injustice que la communauté internationale s’obstine dans son refus de reconnaître cette pratique comme un crime contre l’humanité.

Unanimes sur la demande de réparation à l’adresse de la communuaté internationale, ils n’ont cependant pas pu s’accorder sur la responsabilité controversée d’Africains face à l’esclavage.

Si l’holocauste contre les juifs a été reconnu comme un crime contre l’humanité et réparé, il n’y a pas de raisons valables à ce que des réticences se manifestent lorsqu’il s’agit de reconnaître la traite et l’esclavage comme un crime contre l’humanité et de le réparer», ont-ils souligné, dans leur déclaration finale. Ils ont aussi préconisé l’introduction de l’enseignement de la traite négrière dans les programmes d’enseignement africains et dénoncé les «agressions» et les injustices que l’Afrique ne cesse de subir depuis plusieurs siècles.

En outre, ont-ils poursuivi, la traite négrière et l’esclavage sont les principales sources du racisme. A cet égard, ils ont lancé un appel aux africains à se mobiliser pour réhabiliter leur continent et «rétablir la dignité de ses fils».

La responsabilité des Etats capitalistes d’Europe et des Amériques

Tout en tenant compte de la participation des Africains eux-mêmes dans la traite des noirs, ils ont insisté sur le fait que ses véritables responsables sont «les états capitalistes négriers d’Europe et des Amériques».

Le colloque était organisé dans la perspective de la conférence mondiale de Durban, prévue en août prochain sur le racisme, l’intolérance et la xénophobie. Il visait à harmoniser la position des participants et à affiner leurs stratégies, car, ont-ils indiqué, tous leurs interlocuteurs ne seront pas disposés à leur porter une oreille attentive. «Certains états ne veulent pas exhumer le passé ni, à plus forte raison, demander réparation», a déclaré le Burkinabé Alidou Ouédraogo, président de l’Union Internationale des droits de l’Homme». (apic/ibc/bb)

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