Pakistan : Les partis politiques aux côtés des minorités religieuses
Lahore, 3 juillet 2001 (APIC) Après l’arrivée à la présidence, le 20 juin dernier, du général Musharraf, qui cumule cette charge avec celle de chef de l’exécutif et chef de l’armée, l’Eglise du Pakistan continue à faire pression pour affirmer les droits civils et religieux des minorités. La campagne contre l’apartheid politique et religieux enregistre de plus en plus de partisans.
Le 24 juin, la Commission nationale Justice et Paix de la Conférence épiscopale du Pakistan a organisé une rencontre pour les représentants de 23 partis politiques du pays pour protester contre le système électoral en vigueur. D’après la loi, en effet, les minorités religieuses, lors des élections politiques et administratives, ne peuvent voter que pour le nombre restreint des candidats de leur propre religion : c’est le système de « l’électorat séparé ».
Mgr Joseph Coutts, évêque de Faisalabad, qui présidait la rencontre, a invité tous les partis politiques à placer la liberté religieuse parmi les priorités de leur programme. La Commission a demandé aux partis qui avaient envoyé des représentants de prendre position sur la question de l’électorat séparé. Les hommes politiques présents ont condamné à l’unanimité ce système et demandé son abolition.
Imran Khan, responsable du parti Pakistan Tehrik-I-Insaf, a dénoncé une injustice grave vis-à-vis des minorités. « Personne n’a le droit de discriminer quelqu’un en raison de son appartenance religieuse, a-t-il déclaré. Pour retrouver l’unité sociale et nationale, il faut abolir l’électorat séparé ». Pour le professeur Ijaz-ul-Hassan, du Pakistan People Party, le système actuel est « une négation de la démocratie », qui permet que « quelques fondamentalistes tiennent en otage 140 millions de Pakistanais ». Farooq Tariq, secrétaire général du Labour Party Pakistan, a ajouté ».
L’abolition de l’apartheid religieux a été demandée également par Abib Hassan Manto, du National Workers Party. Pour Mahmood Bukhari, dirigeant du Pakistan Awami Tehrik, les minorités doivent demander la restauration de leurs droits prévus par la Constitution de 1973. Pour Allama Zubair Zaheer, du parti Markazi Jamiat Ahle Hadith, l’électorat séparé est une menace pour l’unité nationale, et le système créé au nom de la religion ne peut être attribué à l’islam. « L’islam est une religion pacifique, et les musulmans u Pakistan doivent lutter aux côtés de leurs frères chrétiens pour la restauration de leurs droits », a-t-il affirmé.
A l’issue de la rencontre, les participants ont approuvé à l’unanimité une résolution réclamant la reprise de la démocratie et de l’électorat uni. (apic/cip/fs/sk/pr)
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