Une « guerre mondiale africaine »
En 1997, les troupes de l’AFDL pénètrent dans Kinshasa et Laurent-Désiré Kabila, leur chef, s’autoproclame président de la nouvelle République démocratique du Congo. Mobutu quitte le pays pour se réfugier au Maroc, où il meurt la même année.
Mais pour conquérir le pouvoir, Kabila s’est allié les armées rwandaise, burundaise et ougandaise. Cette alliance ouvrira une véritable « boîte de Pandore » aux effets les plus imprévisibles qui ne se refermera plus. En juillet 1998, Kabila renvoie dans leur pays les troupes étrangères ougandaise et rwandaise. L’armée rwandaise, dominée par les tutsis, principales victimes du génocide de 1994, avait profité de la conquête du Zaïre pour perpétrer des pillages dans les villages locaux et des massacres notamment dans les camps de réfugiés hutus à l’est du pays. En août 1998, le Rwanda et l’Ouganda s’associent à plusieurs factions rebelles congolaises, dont le Rassemblement congolais pour la démocratie, pour conquérir l’est et le nord du Congo. Le président Kabila se tourne alors vers l’Angola, le Zimbabwe et la Namibie, ainsi que vers les guerriers indigènes Mayi-Mayi pour tenir bon face aux armées ennemies qui occupent pratiquement la moitié du Congo RDC.
Cette guerre, déjà qualifiée de véritable « guerre mondiale africaine » en avril 2000 dans un article du journal « Le Monde », aurait fait 2,5 millions de morts en 4 ans selon Amnesty International. Mais les victimes sont d’autant plus difficiles à chiffrer que les fronts se font et se défont au gré des alliances et que les combats, dont les civils ne sont de loin pas les plus préservés, se déroulent dans des endroits reculés, à l’abri des regards des organisations humanitaires.
Ni l’accord de paix signé par les parties au conflit en 1999 à Lusaka, ni la mort de Laurent-Désiré Kabila, le 16 janvier 2001, n’ont permis ne freiner les affrontements, alimentés entre autres par des soifs de vengeance ethniques, des colères engendrées par les renversements d’alliance, ainsi que par des appétits miniers pour les richesses d’un des plus riches territoires de la planète (diamants, uranium, pétrole, or, …). (apic/com/bb)
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