Euthanasie: énergique condamnation des évêques à l’approche d’un débat au Sénat
Bruxelles, 4 juillet 2001 (APIC) Les évêques de Belgique réagissent vivement aux discussions que le Sénat belge entamera prochainement sur un projet de loi concernant l’euthanasie et les soins palliatifs. Ils répètent en cela la prise de position publiée par eux en 1994.
" Un traitement qui met fin à la vie, même à la demande du patient, signifie toujours la mise à mort consciente d’une personne humaine», écrivent les évêques de Belgique dans un communiqué publié mardi 3 juillet. Sous le titre «L’Euthanasie: un recul pour la civilisation», les évêques s’expriment, dans la ligne d’une précédente déclaration publiée en 1994 dans le cadre à l’occasion de l’annonce de l’avis du Conseil d’Etat sur les propositions de loi relatives à la fin de vie.
Les évêques belges expriment leur hostilité au projet de loi concernant l’euthanasie et les soins palliatifs dont le sénat s’apprête à entamer la discussion. Ils déclarent expressément «que la mise en place d’un cadre légal pour l’euthanasie est moralement inacceptable. Une telle loi contredit ce qui est le coeur même d’une société respectueuse de la vie humaine et soucieuse des personnes les plus vulnérables. Un traitement qui met fin à la vie, même à la demande du patient, signifie toujours la mise à mort consciente d’une personne humaine».
Les évêques trouvent incompréhensible la volonté de légiférer en une telle matière au moment même où, en de nombreuses parties du monde, l’on est devenu particulièrement sensible à la protection de la vie de chaque individu.
Les évêques belges trouvent en outre inacceptable que le projet de loi mette dans le même sac celui qui souffre physiquement d’une maladie incurable et celui qui endure une souffrance de nature psychique jugée intolérable. Ils trouvent excessif le fait que il ne sera même pas requis que le patient ayant sollicité l’euthanasie doive mourir à brève échéance.
Pression sociale
Même si la loi – si elle est votée – n’impose à personne de manière directe de recourir à l’euthanasie, les prélats expriment des craintes que la possibilité légale de mettre fin à la vie ne déclenche une pression sociale sur les plus faibles. Selon eux, cette pression sournoise aboutira à ce que certains se sentent plus vite «indésirables» et expriment, de ce fait, le désir d’en finir avec la vie afin de ne plus être à charge d’autrui. «Des signaux venus du terrain confirment cette appréhension», déclarent les évêques.
Une telle réglementation modifiera en outre substantiellement, et de manière négative, la vocation des médecins et du personnel soignant qui seront amenés à exécuter l’euthanasie . De l’avis des prélats belges, ceci porterait un coup fatal à la relation de confiance avec le patient et sa famille pourtant essentielle à leur mission.
En revanche, soutiennent encore les évêques, l’Eglise soutient énergiquement la mise en place progressive de soins palliatifs. Ils saluent donc à la volonté du Sénat de s’occuper des soins palliatifs. (apic/com/mk/pr)
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