Bangladesh: Traite des femmes et des enfants en augmentation
Dacca, 4 juillet 2001 (APIC) La Caritas du Bangladesh lance une campagne de prévention contre la traite des femmes et des enfants. L’œuvre catholique d’entraide dénonce un trafic organisé d’enfants et de femmes en vue de la prostitution et des transplantations d’organes.
Pour sa campagne nationale de mobilisation sur le problème de la traite des femmes et des enfants, Caritas Bangladesh vient de distribuer des milliers d’affiches et de tracts dans tout le pays. «Chaque année, de plus en plus de femmes et d’enfants sont exportés du Bangladesh vers d’autres pays par des bandes organisées», dénonce Benedict Alo D’Rozario, directrice de Caritas Bangladesh.
Les affiches représentent deux mains noires, symboles des trafiquants, dirigées vers deux enfants, un garçon et une fille, et une femme sous lesquelles on peut lire en bengali le slogan suivant: «Sauvons les enfants et les femmes des mains des trafiquants».
D’après le tract, diffusé à partir de mai dernier, «des milliers de femmes et d’enfants sont enlevés au Bangladesh et emmenéés en Inde, au Pakistan et en différents pays du Moyen-Orient». Pour combattre ces «très graves violations des droits de l’homme», des rencontres, une formation pour les filles, l’enregistrement des mariages et des naissances et l’organisation de comité de défense dans les régions frontalières à hauts risques sont parmi les mesures préconisées.
Selon Eglise d’Asie à Paris, la campagne suggère également que l’administration et la police soient informées à propos de la manière d’aider et de sauver ces femmes et ces enfants et que soit bien comprise par tous l’importance pour leur réhabilitation d’un bon accueil social et familial.
Femmes prostituées et enfants esclaves
Les femmes sont prostituées de force et les enfants travaillent comme domestiques, esclaves ou jockeys dans les courses de chameaux. Certains même sont vendus pour fournir les organes dont les chirurgiens ont besoin pour leurs greffes, affirment encore ces tracts.
Les zones à risque, précisent encore les tracts, sont les gares, les trains, les gres maritimes et routières, les camps de réfugiés et les villages surpeuplés. Le tract rapporte enfin le cas d’une jeune fille, Shetara, 17 ans, emmenée en Inde par un groupe d’hommes. Reprise après s’être échappée, elle fut ensuite vendue à une maison close du Bangladesh pour 600 takas (10,40 dollars). Elle raconte qu’elle et les autres filles qui partageaient son sort étaient battues si elles n’acceptaient pas d’avoir des relations sexuelles avec les clients. Elle a aussi raconté qu’elle était souvent emmenée de l’autre côté de la frontière pour des «spectacles de danse», à Calcutta, en Inde.
La Caritas signale que, bien qu’illégal, ce trafic est en augmentation: le gouvernement comme les organismes non gouvernementaux n’ont pas réussi à l’endiguer. La loi au Bangladesh contre la torture des femmes et des enfants, votée l’an dernier, stipule que ce trafic est puni de 20 ans de prison et même de la prison à vie dans certains cas. La campagne de Caritas Bangladesh contre la traite des femmes et des enfants est soutenue par l’Association asiatique pour le développement de l’homme, basée à Bangkok, et 42 autres organisations non gouvernementales. Un rapport publié par l’UNICEF et le gouvernement bangladais estime à 4’500 le nombre des femmes et des enfants victimes des trafiquants chaque année. Selon d’autres estimations, le chiffre réel serait en fait quatre fois supérieur. (apic/eda/pr)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/bangladesh-traite-des-femmes-et-des-enfants-en-augmentation/