Le TPI de La Haye encore bien loin pour les tortionnaires latinos

Argentine: Astiz ne sera pas extradé

Buenos Aires, 4 juillet 2001 (APIC) L’Argentine refuse d’extrader Astiz en France ou en Italie, s’opposant ainsi à la demande faite par ces deux pays. Tout crime commis sur le territoire argentin doit être jugé par un tribunal argentin, argumente-t-on du côté de Buenos Aires. Le Tribunal pénal international de La Haye est encore bien loin pour les tortionnaires latinos américains.

La France a présenté une demande d’extradition concernant l’ex-officier de la marine militaire argentine Alfredo Astiz. Astiz a été condamné à la réclusion à perpétuité par contumace en 1990 par un tribunal de Paris. On lui «reproche» l’enlèvement et la disparition de deux religieuses de nationalité française. Les faits remontent à 1977, sous le régime militaire argentin.

Astiz est actuellement emprisonné à Buenos Aires. Il s’est lui même livré aux autorités il y a quelques jours, après avoir appris que la magistrature italienne avait à son tour émis un mandat d’arrêt international contre lui. Tristement célèbre pour son passé d’auteur de tortures, l’ancien militaire est tout de même convaincu qu’il échappera à toute mesure adoptée par les magistrats étrangers. Y compris par le Tribunal pénal international de La Haye, comme tant d’autres tortionnaires d’Amérique latine.

Il a de plus certainement été rassuré par la déclaration que le ministre de la Défense argentin Horacio Jaunarena a formulée mardi. Ce dernier a en effet confirmé la position, bien connue, du gouvernement de Buenos Aires sur la question. «Tout crime commis sur le territoire argentin doit être jugé par un tribunal argentin» a affirmé le représentant gouvernemental. Il est par conséquent hors de question que Astiz soit extradé en France ou en Italie. Il ne sera pas non plus jugé dans son pays, en vertu des lois du «point final» et de l’»obéissance due» approuvées pour réguler le passage du pouvoir militaire à la démocratie. Ces lois prévoient de fait l’impunité même pour les membres les plus sanguinaires de l’ancien régime. (apic/mna/pr)

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