Encadré
Réunis fin juin à Yaoundé, capitale du Cameroun, en assemblée extraordinaire, les évêques camerounais ont rendu publique une déclaration dénonçant les exactions «barbares» des forces de l’ordre. Les évêques demandent des comptes à l’Etat. L’insécurité qui fait rage à Douala depuis 1999 a amené le président Paul Biya, à prendre des mesures sévères. C’est ainsi qu’en février 2000, le Commandement Opérationnel a vu le jour. Nombre de personnes ont alors été enlevées et exécutées sans jugement. L’ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture) parle de plus de 1’500 personnes portées disparues. Des voix se sont élevées pour dénoncer ces abus.
Pour la Conférence épiscopale nationale, absolument rien ne peut justifier la mutilation, la torture ou les traitements inhumains infligés à un être humain. «Tu ne tueras point», c’est sur cet argument que les évêques tranchent les différents débats animés par ceux qui pensent qu’il faut systématiquement éliminer les malfrats sans jugement. «Toute personne accusée même des pires crimes a le droit à un procès équitable. Cette personne a le droit de présenter sa défense. Dans un Etat de droit, personne ne doit être condamné sans s’être fait entendre par un tribunal indépendant et impartial, martèlent les évêques. Dans leur déclaration, ils s’attaquent également à la justice camerounaise. Une justice corrompue, qui ne fait pas son travail et qui libère parfois les malfrats pendant que les innocents sont écroués dans les prisons malsaines. (apic/mbt/be)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse