Fribourg: La paroisse de Saint-Paul offre un autre lieu paroissial pour les sans-papiers
Fribourg, 11 juillet 2001 (APIC) La paroisse Saint-Paul, à Fribourg, dont le Centre paroissial est occupé par un groupe de sans-papiers depuis bientôt 40 jours, offre aux occupants de poursuivre leur action dans le couvent des Sœurs d’Ingenbohl, dans le mêême quartier du Schönberg, à Fribourg.
Lundi, lors d’une conférence de presse, l’un des membres du Collectif des sans-papier – qui regroupe à ce jour 98 personnes – avait déclaré que l’occupation de l’église Saint-Paul se poursuivrait jusqu’à la régularisation de la situation des occupants.
Des propositions d’un transfert des occupants de l’église dans un autre lieu a été évoquée, mais le Collectif entend bien mesurer les avantages et les inconvénients de changer de lieu pour éventuellement éviter une épreuve de force et la perte du soutien de certains paroissiens et sympathisants. D’un autre côté, ils craignent qu’en s’installant ailleurs, ils ne se fassent «enterrer» et sortent de l’agenda politique. C’est l’entièreté du Collectif qui décidera dimanche soir, lors d’une assemblée générale, s’il accepte la proposition de déménagement. Si l’on ne peut pas préjuger du résultat du vote, mercredi l’ambiance chez plusieurs membres du Collectif allait du scepticisme au refus.
Dans un communiquéé le Conseil de paroisse de Saint-Paul souligne que «par souci d’équité et pour maintenir l’unité entre les paroissiens, il souhaite une fin d’occupation des locaux du Centre paroissial pour la fin juillet». Face à une «situation totale de blocage», le Conseil de paroisse propose un autre lieu paroissial: le couvent des Sœurs d’Ingenbohl qui, avant la construction du Centre Saint-Paul, était considéré comme l’église paroissiale de la communauté du quartier.
Les sœurs sont prêtes à accueillir les sans-papiers pendant plusieurs mois, le temps aux autorités civiles de statuer sur les demandes de régularisation des permis de séjour. Le Conseil de paroisse, qui demande une réponse jusqu’au lundi 16 juillet, dit prendre au sérieux la démarche politique des sans-papiers, qui ont choisi une paroisse pour rendre visible leur revendication. Il dit comprendre cette demande, «puisqu’elle s’inscrit dans une tradition que l’Eglise a toujours voulue, ’offrir aux personnes en détresse un lieu d’accueil’».
L’évêêue encourage les sans-papiers à accepter de déménager
Mgr Bernard Genoud, évêque de Lausanne Genève et Fribourg, a pris connaissance de la décision de la paroisse de Saint-Paul à Fribourg d’offrir aux «sans-papiers» occupant le Centre paroissial la possibilité de transférer leur action dans un autre lieu sur le territoire de la paroisse. Il se réjouit de cette démarche et encourage les «sans-papiers» à accepter la proposition des autorités paroissiales. Celle-ci permet aux paroissiens de disposer à nouveau de leurs locaux et offre aux «sans-papiers» la possibilité de poursuivre leur occupation dans un autre lieu mis à disposition par la paroisse.
A cet effet, Mgr Genoud remercie la Communauté des Sœurs d’Ingenbohl pour sa collaboration et la générosité avec laquelle elle accueille les «sans-papiers». Mgr Genoud exprime également toute sa reconnaissance au Conseiller d’Etat Claude Grandjean pour son intervention auprès des instances fédérales. «Cette démarche est pleine d’espérance pour les occupants duCentre Saint-Paul», écrit dans un communiqué le nouvel attaché de presse de l’évêché.
La Conférence des évêques suisses alertée
Mgr Genoud a par ailleurs informé Mgr Amédée Grab, président de la Conférence des évêques suisses, de la situation préoccupante des «sans-papiers». Mgr Grab a décidé de mettre cette délicate question à l’ordre du jour de la prochaine assemblée ordinaire des évêques suisses qui aura lieu du 3 au 5 septembre prochain. Mgr Genoud a également été informé de l’arrivée de Mgr Jacques Gaillot, le vendredi 20 juillet prochain à Fribourg. Selon la presse fribourgeoise, Mgr Gaillot rendrait visite, en compagnie de Mgr Genoud, aux «sans-papiers» du Centre Saint-Paul. L’évêché relève qu’il s’agit cependant d’une information erronée dont l’origine n’est pas connue des services de l’évêché. De fait, Mgr Genoud ne pourra accompagner Mgr Gaillot, étant retenu par d’autres engagements agendés depuis fort longtemps. «Mgr Genoud regrette ce concours de circonstances», écrit N. Betticher. (apic/com/mk/be)
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