Suisse: Bénévolat dans les fermes de montagne
Par Nathalie Langlois, de Caritas Suisse
Lucerne, 12 juillet 2001 (APIC) Bénévolat dans les fermes de montagne: Caritas Suisse participe à sa manière à l’ »Année internationale des volontaires », proclamée en 2001, dans le but de mieux faire connaître le bénévolat au public. L’an dernier, 1’411 personnes ont effectué en tout 15’491 jours de travail par l’intermédiaire de Caritas Suisse. Reportage dans le Jura, avec deux bénévoles.
De quelle manière se passe le séjour d’un bénévole?; quelles sont les tâches à accomplir?; quelle est l’entente qui s’installe au fil des jours entre la famille d’accueil et le ou la bénévole? Deux bénévoles répondent à ces questions. C’est par l’intermédiaire de Caritas Suisse, qu’ils ont trouvé cet engagement. La collecte lors du Dimanche de Caritas, le 25/26 août prochain, sera en partie destinée au soutien de cette action.
C’est dans la campagne jurassienne, au détour d’une route qui descend dans une petite vallée, que se trouve la ferme des Dupuis (nom d’emprunt). Cette famille habite ici depuis 21 ans. Janine, Albert et leurs 6 enfants reçoivent depuis maintenant sept ans des bénévoles qui restent de quelques jours à quelques mois dans leur ferme. En effet, le ou la bénévole peut choisir, selon ses envies et ses disponibilités, le temps qu’il désire passer à la ferme.
C’est à la naissance de leur cinquième fille, que la puéricultrice a suggéré de s’allouer les services d’une personne, la charge de la maison étant devenue trop lourde à porter. La jeune femme n’arrivait plus à assumer l’éducation de ses 6 enfants, le ménage et les travaux à la ferme. « Je n’en pouvais vraiment plus. Grâce à Caritas, nous avons trouvé une solution adéquate ».
C’est donc en 1994, que Caritas Suisse est intervenue pour d’une part rencontrer la famille et d’autre part évaluer les besoins et nécessités de celle-ci. Après avoir établi un contact avec la famille, Caritas Suisse a ensuite cherché à placer des bénévoles. Ce sont plutôt des jeunes filles qui s’engagent pour seconder Janine Dupuis. Les hommes sont pourtant les bienvenus lorsqu’il faut faire des travaux qui nécessitent plus de force, comme lors de réparations occasionnelles à la ferme.
Ces jeunes filles proviennent pour la plupart de la Suisse allemande et désirent, en plus de leur engagement, apprendre ou améliorer leur français.
Un engagement et bien plus
Drusilla est la 46e bénévole à séjourner dans la ferme. Cette future maîtresse d’école enfantine explique les raisons pour lesquelles elle s’est engagée: « Je voulais mieux parler le français et me rendre utile à la fois. Des amis enthousiastes qui m’ont parlé du bénévolat, m’ont également dit avoir eu beaucoup de temps pour eux-mêmes. Mais finalement, je reste beaucoup avec la famille et ça me plaît. Je désirais également partir un peu de la maison durant ces 8 semaines de vacances et me retrouver seule quelque part à aider les autres ».
Drusilla voulait tout d’abord être au pair dans une famille, mais il n’était possible de s’engager qu’à partir de 4 mois. C’est pourquoi, sur l’aide d’un conseiller en orientation, elle a contacté Caritas Suisse pour pouvoir s’inscrire.
Drusilla est justement en train de préparer le repas de midi lorsque nous entrons: « En général, je prépare ou j’aide à préparer les repas, j’accomplis les travaux ménagers et je donne un coup de pouce pour les devoirs des plus jeunes enfants. Concernant les tâches à accomplir, Janine ne fait pas de plans pour la semaine, je suis donc très libre de m’organiser comme je l’entends. J’aime beaucoup cuisiner et j’ai aussi du temps pour essayer de nouvelles recettes! »
Janine est enchantée de Drusilla: « Nous nous entendons bien et je profite de sa compagnie. Les enfants sont contents d’avoir un contact avec une autre personne à la ferme et ils l’entraînent toujours dans de nouveaux jeux ou découvertes ».
Drusilla restera encore deux semaines dans la famille avant de rentrer chez elle. Serait-elle tentée de revenir?: Oh oui, je m’imagine très bien revenir l’année prochaine, l’accueil est tellement fantastique! »
Avant de partir, Janine sort encore un petit livre qu’elle tient comme un secret. C’est un livre de souvenirs où, tous les bénévoles chez elle laissent une photo, quelques mots et leur adresse. « Je ne manque jamais de leur envoyer une carte de remerciements après leur séjour. Nous nous lions d’amitié avec certains qui n’hésitent pas à revenir de leur propre initiative ».
Une autre façon de passer son été
En continuant, la route conduit à La Chaux-des-Breuleux où la famille Chapatte gère une petite exploitation agricole. Mme Chapatte, de formation hôtelière et M. Chapatte, architecte ont décidé en 1977, de reprendre la ferme de l’oncle de ce dernier, car il ne pouvant plus s’en occuper. Cela fait maintenant deux ans qu’ils accueillent des bénévoles grâce à Caritas Suisse.
Manuela, 18 ans, future institutrice est arrivée depuis seulement 2 jours, ce qui ne l’empêche pas de s’y plaire déjà. « Nous sommes obligés, dans notre formation, de passer 1 mois dans une région francophone pour améliorer le français. C’est une amie qui m’a parlé de cette possibilité de bénévolat et m’a même indiqué la famille! »
Les deux filles des Chapatte étant parties de la maison, il y avait toujours plus de travail pour Mme Chapatte: pour le ménage ou pour les travaux à l’extérieur. C’est à ce moment que Mme Chapatte a lu l’annonce de Caritas Suisse dans le journal local. Caritas cherchait des familles de paysans pour placer des bénévoles. « Je n’ai pas hésité et je suis très satisfaite des bénévoles qui sont venus dans notre famille depuis ». Comme chez les Dupuis, Mme Chapatte ne fait pas de planification pour Manuela. Elle s’organise elle-même et cela lui convient tout à fait. « J’accomplis les travaux ménagers, mais je suis aussi beaucoup à l’extérieur, pour faire les foins ou rentrer les vaches ». A la question de savoir si elle a envie de rentrer les fins de semaines, Manuela est catégorique: « Non, je n’ai pas envie de rentrer. La famille est agréable et la nature ici est magnifique! »
Drusilla est Manuela sont deux exemples de personnes qui ont choisi le bénévolat en région de montagne. Pour elles, ce n’était pas seulement s’engager, mais elles ont joint l’utile à l’agréable en voulant également améliorer leur français. Le contraire peut très bien être envisagé. C’est-à-dire que des personnes de langue française désirant améliorer leur allemand peuvent se rendre en Suisse-allemande et pourquoi pas, « apprivoiser un peu le schwytzerdütsch »!
Elles font partie des plus de 1’200 bénévoles qui se sont engagés en l’an 2000 dans toute la Suisse dans les régions de montagnes. Ceci représente environ 10’000 journées de travail effectives. Cette aide est précieuse pour les paysans de montagne, car sans l’aide des bénévoles, ils auraient beaucoup de peine à accomplir seuls toutes les tâches. (apic/nl/pr)
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