L’abbé Rukundo fait appel au TF contre son extradition à Arusha

Genève, 13 juillet (APIC) Laurent Walpen, chef d’investigations du Tribunal pénal international (TPI) de La Haye a déclaré que l’arrestation, jeudi à Genève, d’un prêtre rwandais, n’impliquait pas l’Eglise catholique comme institution. Il a même relevé que l’Eglise au Rwanda avait plutôt essayé de jouer un rôle modérateur. Le prêtre a fait appel au Tribunal fédéral (TF) contre son extradition à Arusha, en Tanzanie, pour y être jugé.

Carla Del Ponte, procureur du Tribunal pénal international (TPI), a en effet annoncé jeudi 12 juillet trois arrestations de présumés criminels de guerre en trois pays européens, les Pays Bas, la Suisse et la Belgique. Les trois hommes sont inculpés de crimes contre l’humanité à cause de leur participation dans le massacre de la minorité tutsie pendant le génocide rwandais. L’abbé Rukundo a été arrêté à Genève. L’ancien ministre des Finances Emmanuel Ndindabahizi, en pose d’avril à juillet 1994, a pour sa part été arrêté à Bruxelles.

L’arrestation du prêtre et de ses deux compatriotes intervient après le jugement, le mois dernier à Bruxelles, de 4 Rwandais, dont deux religieuses, reconnues coupables de participation au génocide.

L’abbé Emmanuel Rukundo, arrêté à Genève par l’Office fédéral de la justice (OFJ), était aumônier de l’armée au Rwanda en 1994. Laurent Walpen, chef d’investigations du TPI n’a pas voulu entrer en détails sur le dossier de Rukundo mais il a signalé qu’il avait vécu à Rome quelques années après le génocide rwandais.

Carla del Ponte s’est félicité de la collaboration de ces trois pays, les Pays Bas, la Suisse et la Belgique. Par contre elle déplore le manque de contribution de l’Italie qui n’a pas voulu arrêter un quatrième citoyen rwandais recherché par le TPI. Le gouvernement italien a affirmé qu’il n’y avait pas de bases légales pour la coopération avec le Tribunal pénal international.

La Procureur a indiqué que les trois arrêtés seront transférés à Arusha, en Tanzanie où siège le TPI. Le prêtre a d’ores et déjà fait appel auprès du Tribunal fédéral.

Le TPI attribue à cet ancien aumônier, la responsabilité du meurtre de personnes appartenant à la minorité tutsie. «Il aurait appelé à l’extermination de ce groupe ethnique et transmis aux militaires des listes de Tutsis permettant ainsi la persécution de ces personnes». Le prêtre a fait l’objet d’un mandat international pour crime contre l’humanité. (apic/ines/pr)

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