Kenya: Bras de fer entre le gouvernement et l’Eglise catholique
Nairobi, 15 juillet 2001 (APIC) L’Eglise catholique et le gouvernement kenyans sont à couteau tiré: les deux parties sont opposées sur la manière de conduire le pays dans les domaines du respect des droits de l’homme et de la démocratie. L’Eglise et des Organisations non gouvernementales (ONG) mènent des actions d’éducation et de sensibilisation des kenyans à leurs droits. Le pouvoir s’oppose à cette campagne qui ente dans le cadre des élections présidentielle et législatives, prévues pour l’année prochaine.
Le Kenya est l’un des rares pays africains encore dirigé par un parti-Etat. Celui du président Daniel Arap Moï, au pouvoir depuis 1979. Le régime a mis en place de jeunes miliciens pour combattre tout ce qui est lié à la promotion humaine. «Il tient la population dans l’ignorance des règles élémentaires de la démocratie», estime l’Eglise catholique. Celle-ci et les ONG luttent à inverser cette tendance. Ils apprennent aux kenyans le droit de s’opposer, de revendiquer et de dénoncer. Lorsque des rassemblements à caractère éducatif sont organisés par les églises et les ONG, ils sont disperser avec violence, par les miliciens au service de l’Union Nationale Africaine kényane (KANU), le parti du président Moï.
Depuis fin juin, le différend a pris une autre tournure. Le gouvernement et ses miliciens intimident et menacent de liquidation physique, les religieux. Le père Michael Rop, responsable d’une paroisse de l’intérieur du pays, est l’un des responsables catholiques les plus en vue dans le conflit gouvernement-Eglise. Il dénonce, depuis plus de deux ans, le tout puissant et omnipotent ministre du Commerce et de l’Industrie, Nicholas Biwott. Le prélat accuse ce dernier de s’être fait octroyer, illégalement, il y a 6 ans, plus de 500 hectares d’une forêt classée dans le seul but d’y ériger un monument à la mémoire de sa défunte maman. Le père Rop condamne sans cesse ce projet qu’il considère comme nulle et sans intérêt pour la population. Tout comme il s’insurge contre le déclassement de la forêt.
En début de semaine dernière, le ministre a tenté de contenir les dénégations du religieux. En outre l’un de ses fidèles, un milicien a promis «d’évincer physiquement» le Père Rop. Le week-end dernier, il a déclaré:»Je veux qu’il soit effrayé en permanence». Réagissant à ces propos, l’archevêque du diocèse d’Eldoret, à l’ouest du pays, a sévèrement mis en garde le gouvernement kenyan, notamment le ministre Nicholas Biwott. «Vous touchez une ligne à haute tension en provoquant les catholiques», a averti l’archevêque, Mgr Cornelius Arap Korir. (apic/ibc/pr)
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