Tournai: La cathédrale, patrimoine mondial de l’humanité, a été rendue au culte

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Devenue dangereuse, elle avait été interdite au public

La santé de la cathédrale Notre-Dame s’était nettement dégradée depuis la tornade du 14 août 1999. Après de longs et coûteux travaux de consolidation, la promesse faite de rendre la cathédrale à ses fonctions cultuelles et culturelles vient de se concrétiser, avec la réouverture des salles capitulaires et celle du Trésor. Depuis le 14 juillet, la nef romane est à son tour ouverte au public. Grâce à l’engagement marqué de la Province du Hainaut, propriétaire de l’édifice, et de la Région Wallonne.

Après les importants travaux de stabilisation du chœur gothique, le culte a été rétabli dans la cathédrale le 20 mai dernier. Désormais, le chapitre des chanoines, qui avait dû trouver asile ailleurs, célèbre chaque jour l’eucharistie à la cathédrale, dans la chapelle du Saint-Esprit (1676), qui s’élève à proximité de la nef et du transept romans.

La fixation de filets d’acier et de consoles en métal a permis en outre l’accès à toutes les salles capitulaires. La nef romane venant d’être rouverte au public, le Te Deum du 21 juillet, la fête de l’Assomption et la Grande Procession du deuxième dimanche de septembre retrouveront leur cadre traditionnel. Le vaisseau de la nef est donc à nouveau accessible pour les grandes manifestations religieuses et la mise en valeur des grandes pièces du patrimoine retirées à la vue du public en raison des travaux d’étançonnement du chœur gothique.

Patrimoine mondial de l’humanité

La cathédrale de Tournai vient d’être reconnue par l’UNESCO au titre de patrimoine mondial de l’humanité. Ce qui fait sa spécificité, explique Jacques Pycke, de l’Université catholique de Louvain (UCL), , l’un des trois conservateurs archivistes de la cathédrale, c’est « que son formidable patrimoine, développé au long des siècles, est toujours conservé sur place et que les pièces majeures servent aujourd’hui encore dans la liturgie dans un décor largement original ». Depuis quelques années, ce patrimoine est particulièrement mis en valeur grâce à la collection scientifique « Tournai – Art et Histoire », créée conjointement par l’UCL et par les Archives de la Cathédrale.

La cathédrale de Tournai mérite son titre de patrimoine mondial de l’humanité pour plusieurs raisons, relève de son côté Anne Dupont, assistante à l’UCL et également conservateur archiviste. « Son premier atout, précise-t-elle, est sa permanence: à l’instar des évêchés rhénans et de quelques évêchés français, celui de Tournai remonte au Vème siècle et s’est maintenu sans interruption jusqu’à aujourd’hui. Cette permanence de plus de 1’500 ans dans un même lieu est unique dans notre pays. Son deuxième atout est son unicité: elle est, dans notre pays, l’unique cathédrale construite à l’époque médiévale pour remplir cette fonction et qui la remplit aujourd’hui encore. » D’autres atouts sont son envergure, son caractère vivant et le caractère intact de son patrimoine.

L’église-mère

Mais, comme le rappelle dans le numéro de juillet-août de la revue diocésaine « Eglise de Tournai » le professeur Jacques Pycke, une cathédrale n’est pas une grande église qui se définit par son antiquité, la beauté de son architecture ou la richesse de son mobilier. Comme l’indique son nom, qui vient du grec « cathedra » (siège), elle est l’église-mère d’un diocèse, où siège son évêque, qui y rassemble le peuple des chrétiens pour lui enseigner la parole de Dieu et rendre grâces avec lui dans l’Eucharistie.

La prière, insiste de son côté le chanoine Jean Dumoulin, est la fonction première d’une cathédrale, qu’à Tournai le chapitre des chanoines et de nombreux auxiliaires du culte célèbrent chaque jour, depuis près de quinze cents ans. La vie de la cathédrale est rythmée suivant le calendrier liturgique. Outre les offices pontificaux lors des grandes fêtes (Noël, Pâques, Pentecôte, Assomption, Toussaint), elle est le théâtre de cérémonies qui attirent la grande foule le dernier dimanche de juin, pour les ordinations sacerdotales, et le deuxième dimanche de septembre, pour la Grande Procession de Tournai.

Les pierres vivantes que sont les chrétiens

« Sans célébrations liturgiques, une cathédrale devient un bâtiment qui perd sa vie et son âme, confirme Mgr Huard à l’occasion de la réouverture du trésor et de la nef romane. Elle ne peut se limiter à être une construction prodigieuse et un merveilleux musée du passé. Ce qu’elle est d’abord, c’est un signe de l’Eglise que Dieu construit avec les pierres vivantes que sont les chrétiens et qui se rassemble au nom du Père, du Fils et de l’Esprit. Lors de son inauguration (de sa dédicace), n’a-t-elle pas reçu symboliquement les sacrements de l’initiation chrétienne ? »

« Notre cathédrale, par l’accumulation de beauté qu’elle contient, est un musée tout naturel, écrit l’évêque de Tournai. Elle est le résultat d’une rencontre entre la foi et la culture, elle témoigne d’un passé glorieux, mais elle doit surtout demeurer vivante. Elle n’est pas seulement une étape dans un parcours touristique ou une découverte artistique, même si tous ces aspects sont respectables. Elle se doit de demeurer habitée, c’est-à-dire d’être présence d’une Eglise qui célèbre et qui prie ».(apic/cip/mk/be)

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