Libreville, 18 juillet 2001 (APIC) Ce n’est pas le préservatif qui sauvera la jeunesse africaine gravement menacée par le sida, estiment les évêques africains. Qui proposent les valeurs traditionnelleset catholiques pour lutter contre la pandémie qui risque d’anéantir toute une génération. A Libreville, capitale du Gabon, dans les classes de terminales, en moyenne la moitié des étudiants sont séropositifs.
« C’est l’homme qu’il faut sauver »: tel est l’appel lancé par les évêques d’Afrique centrale, au cours d’une réunion consacrée aux ravages du sida dans la région. La rencontre, organisée par l’Association des Conférences épiscopales d’Afrique centrale (ACEAC), par le Centre International de Gestion des Projets, par l’OnuSida, ainsi que par l’Agence Canadienne de Développement International, a été l’occasion de souligner l’engagement de l’Eglise dans la lutte contre l’épidémie.
Pendant les travaux, Mgr Basile Mvé Engone, archevêque de Libreville, a rejeté les accusations faites à l’Eglise parce qu’elle refuse l’utilisation du préservatif. Il rappelle que l’Eglise a « placé l’homme au cœur de la lutte contre le sida. C’est lui qu’il faut sauver! »
Le Gabon est parmi les pays les plus touchés par le sida: la Croix-Rouge française estime que, en 2001, les séropositifs représentent 6% de la population. L’Eglise a lancé une campagne de sensibilisation par l’intermédiaire de l’Association « Solidarité des Jeunes Chrétiens pour la Lutte Contre le SIDA » (SOJECS).
Discriminations contre les séropositifs
Frère Guérineau, membre de l’Association SOJECS, révèle qu’au Gabon, la situation est très grave: dans la dernière classe d’une école supérieure de Libreville, 38 étudiants sur 40 sont séropositifs. En moyenne, dans les classes terminales, 50% des étudiants sont séropositifs. Cela crée des formes de discrimination parce que l’Etat évite d’accorder des bourses d’étude aux étudiants séropositifs. Les autorités exigent le certificat médical pour se présenter à un examen scolaire, déplore le religieux.
A ses yeux, la forte diffusion du sida provient de la promiscuité sexuelle, résultat de la perte des valeurs traditionnelles et des valeurs chrétiennes. « D’après la tradition locale et la
morale chrétienne, on doit arriver vierges au mariage. Mais, à présent, on accepte ’l’essai’. Si une fille est stérile, elle ne peut se marier, d’après le rite traditionnel. Il faut donc avoir des relations sexuelles avant le mariage », déclare-t-il dans une interview accordée à l’agence vaticane missionnaire FIDES. Une nouvelle règle s’est ainsi créée qui n’existait pas auparavant, constate le religieux engagé dans la lutte contre le sida.
L’autre cause du développement de la maladie est l’utilisation aléatoire ou mal intentionnée du préservatif. Quand un jeune veut avoir des rapports sexuels avec une fille qu’il connaît depuis longtemps, il promet de se servir du préservatif. Mais, au moment de consommer le rapport, le garçon refuse de l’utiliser en disant: « Nous nous connaissons depuis longtemps… ne nous en servons pas « , et la fille accepte.
En Afrique, la prévention par le préservatif est un « échec total »
Mais Frère Guérineau affirme que ceux qui se savent séropositifs peuvent se venger en transmettant volontairement le sida à leur partenaire: « Plusieurs malades du sida percent le préservatif dans ce but précis… » Quant au rôle de l’Etat dans la prévention et dans les soins de la pandémie, le religieux déplore que le programme officiel de lutte contre le sida souffre de la corruption. Certains administrateurs détournent les fonds à des fins personnelles. « Il faut avoir la vocation pour suivre les malades du sida. La plus grande partie du personnel des hôpitaux travaillent dans les soins contre le sida. Mai il se crée ainsi des déséquilibres graves, parce qu’un malade atteint de malaria n’est pas l’objet des mêmes attentions qu’un malade du sida.
Saluant la prise de position des évêques d’Afrique centrale, Frère Guérineau est d’avis qu’il faut réaffirmer les valeurs chrétiennes comme l’abstinence et la continence: « Le représentant de l’OnuSida a déclaré lui-même qu’il fallait revenir à ces valeurs, et que le préservatif était un échec total. A mon avis, les préservatifs ne doivent pas être distribués, parce qu’ils encouragent les jeunes, qui n’ont pas encore eu d’expériences sexuelles, à en avoir. Enfin, les préservatifs sont souvent de mauvaise qualité, et il n’est pas facile de les conserver dans les conditions climatiques africaines. (apic/fides/be)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/classes-terminales-de-libreville-en-moyenne-50-de-seropositifs/