Oser aborder le thème de l’invisibilité des femmes dans l’Eglise

Etats-Unis: Sœur Chittister pour une discussion ouverte sur le pouvoir dans l’Eglise

Washington, 20 juillet 2001 (APIC) La sœur bénédictine américaine Joan Chittister propose une discussion ouverte sur l’autorité et le pouvoir dans l’Eglise. Pour ce faire, il faut mettre sur pied un véritable groupe de discussion international sur ces thèmes, parce que «l’invisibilité des femmes dans l’Eglise interpelle la vraie nature de l’Eglise».

Pour la théologienne bénédictine, «l’Eglise de Jésus-Christ n’est guère appelée au sacerdoce; l’Eglise du Christ est appelée à être disciple». La religieuse progressiste américaine a élaboré ces proposition dans le discours qu’elle a adressé à la Conférence internationale sur l’ordination des femmes, qui s’est tenue à Dublin fin juin-début juillet.

«Les aspects institutionnels sont en train de suffoquer le véritable esprit de l’Evangile»

Sœur Chittister, théologienne et essayiste très connue aux Etats-Unis, a participé à la Conférence avec le consentement de la prieure de son couvent, malgré une requête officielle contraire du Saint-Siège. La religieuse bénédictine souligne que la prophétie doit prendre le dessus sur les aspects institutionnels de l’Eglise, «qui sont en train en ce moment de suffoquer le véritable esprit de l’Evangile de Jésus, qui est un message de libération.»

«Nous avons besoin de communautés chrétiennes, non pas de cléricalisme patriarcal; de sacré et non de sexisme. Les gens cherchent des prophètes, et non un grand nombre de prêtres. Il s’agit de suivre le Christ et non de promulguer des décrets canoniques». Nous assistons à une religion «qui prêche l’égalité des femmes mais qui ne fait rien pour la montrer au sein de ses structures, qui proclame une ontologie de l’égalité, mais qui insiste sur une ecclésiologie de la supériorité».

Plaçant au centre le prééminence de l’aspect prophétique et du témoignage de vie, sœur Chittister a fait remarquer que «la chrétienté vit dans les chrétiens, non pas dans les livres, non pas dans les documents soi-disant ’définitifs’, pour cacher qu’ils ont vieilli, et non pas dans des erreurs que l’on voudrait faire passer pour ’tradition’».

Une discussion ouverte, dans le style des grandes disputes médiévales

La proposition est donc d’établir une discussion vraiment libre et ouverte. «Nous avons besoin d’un groupe, libre de ’mandats’ ecclésiastiques, qui organise des séminaires, des débats, dans le style des grandes disputes médiévales, qui publie et diffuse des livres; nous avons besoin de groupes de discussion sur les grands thèmes de l’infaillibilité et de la signification de la foi et du rôle des fidèles». «Il est temps de porter la discussion au grand jour, et de mettre fin à la discussion qui se fait à huis clos dans l’Eglise», lance la religieuse américaine. (apic/vid/be)

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