Sommet du G8: Le pape et les religieux déplorent les émeutes à Gênes

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La violence des « hommes noirs » nuit à la cause des pauvres

Gênes, 22 juillet 2001 (APIC) Les religieux participant au « Genoa Social Forum » sont choqués et attristés par les épisodes de violence qui ont causé, à Gênes, la mort d’un jeune manifestant, en marge du sommet du G8 à Gênes. Le pape Jean Paul II de son côté a répété dimanche, lors de la prière de l’Angelus à Castelgandolfo, que la violence n’était jamais un moyen de résoudre les problèmes.

Le directeur des programmes de Radio Vatican, a également condamné vendredi soir à chaud qui ont ensanglanté le sommet des huit nations les plus industrialisées. Il s’est cependant refuser à juger trop vite l’attitude des forces de l’ordre.

De retour de deux petites semaines de vacances dans le Val d’Aoste, le chef de l’Eglise catholique a exprimé dimanche « sa souffrance et son amertume » devant l’explosion d’animosité de vendredi 20 juillet à Gênes et ses conséquences tragiques. Le pape a une nouvelle fois demandé ceux à qui la défense des droits de l’homme tient à cœur « de s’engager fermement pour un monde plus juste et plus solidaire ».

Un appel contre la violence adressé au sommet G8 de Gênes, a été diffusé par l’Association « Aucun lieu n’est lointain », promue par les Missionnaires Scalabriniens. Les religieux, de concert avec la Caritas italienne, invitent à s’abstenir de toute violence et à s’engager « à travers les idées, les paroles et la prière ».

Veillée de prière pour les pays du sud

Les religieux et les missionnaires participant au « Genoa Social Forum » ont vécu deux journées de prière et de jeûne, vendredi 20 et samedi 21 juillet, pour appuyer les requêtes des peuples appauvris dans le Sud de la planète. Le Jésuite Giovanni Lamanna – l’un des promoteurs de l’initiative de prière dont le siège principal se trouve dans l’église franciscaine de Boccadassse – qualifie d’épisodes « graves qui ont mis à mal la crédibilité du grand mouvement de protestation pacifique ».

« Nous sommes attristés – a-t-il dit à Vidimus Domimum – par la mort du jeune homme qui était certainement venu en ville avec d’autres espoirs. Et par le fait que la violence d’un groupe minoritaire puisse met en péril la crédibilité du mouvement antimondialisation étendu à la planète entière.

Risque de manipulation de la violence

Les violences risquent d’être manipulées pour occulter les raisons profondes et la mobilisation de ceux qui demandent plus de justice pour les peuples appauvris et un système économique mondial fondé sur la solidarité. « Nous refusons l’usage de la violence par une poignée de manifestants. Les « hommes noirs », car c’est ainsi que les anarchistes, instigateurs des accrochages ont été définis, sont passés également devant notre église en nous menaçant.

Le père Lamanna se demande comment les 20’000 agents mobilisés à Gène n’ont pas réussi à identifier et à isoler ces petits groupes extrémistes, pourtant déjà connus des forces de l’ordre. « La zone rouge a été rendue quasi inexpugnable, mais le reste de la ville a paru presque abandonné ».

Accuser la police est « assez hypocrite »

Sur les ondes de Radio Vatican, le Saint Siège a également condamné les émeutes, mettant également en garde contre un jugement hâtif de l’attitude de la police. Il prie qu’il n’y ait pas de nouvelles victimes, a expliqué le directeur des programmes de Radio Vatican, Federico Lombardi, vendredi soir. Le directeur a formulé l’espoir que la conférence de Gênes reste dans les mémoires à cause de ses résultats positifs et des progrès accomplis en faveur d’une culture de la solidarité internationale, de la paix et de la vie. « Et non à cause de débordements de violence et de manifestations qui n’ont rien de civilisé », a souligné Lombardi.

Les violences tant redoutées ont eu lieu et leur prix est déjà exorbitant, a poursuivi le commentateur sur les ondes de Radio Vatican. Même si elles n’étonnent personne après les émeutes de Seattle, de Nice, de Prague et de Göteborg. « Il est clair que la violence a été provoquée sciemment. Et lorsque tant de manifestants se mobilisent, il est pratiquement impossible d’empêcher les débordements de façon efficace. Même s’ils ne sont le fait que de groupuscules. Il est facile et assez hypocrite de rendre les forces de l’ordre responsables lorsque les heurts tournent à la tragédie », a déclaré à chaud Federico Lombardi. (apic/vd/mjp)

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