Brésil: Il suffit de 30 rials pour créer une secte
Rio de Janeiro, 24 juilet 2001 (APIC) Avoir une secte au Brésil, c’est le « rêve » pour un investisseur: ouvrir un commerce sans payer d’impôts. Les avantages et les facilités surprenantes accordées par le gouvernement aux groupes pseudo religieux favorisent non seulement la multiplication des sectes, mais encore l’abus de la foi à des fins lucratives, selon l’agence de presse catholique ACI à Lima (Pérou).
Au Brésil, il ne faut pas plus de trois jours, quelque 30 rials et un seul « socio » pour ouvrir une espèce de micro-secte évangélique et faire des proclamations « au nom du Seigneur ». Une fois enregistré, explique l’agence, « le groupe pseudo religieux bénéficie de toute une série de patentes et de privilèges », comme l’exonération d’impôts – y compris sur les revenus -, des facilités pour commercialiser, sans payer de taxes, du matériel religieux comme des bibles, des T-shirts, des vidéos, etc., et, bien entendu, l’autorisation de percevoir la « dîme » chez les adeptes sans avoir à rendre le moindre compte. En tant qu’associations sans but lucratif – sur papier -, les « micro-Eglises » peuvent même bénéficier d’argent public, à l’instar des organismes d’assistance !
Selon les observateurs, c’est le chemin facile qu’a emprunté durant dix-huit ans l’évêque Edir Macedo avec sa secte controversée, l’ »Eglise Universelle du Règne de Dieu », chemin aujourd’hui suivi à un rythme frénétique par des milliers de nouveaux pasteurs. Rien qu’à Sao Paulo, il existe 180 micro-sectes, dont la plupart se situent dans la mouvance pentecôtiste et ne possèdent qu’un seul temple, le plus souvent dans un quartier de la périphérie.
A Rio, selon une étude du sociologue Jorge Luiz Dominguez, on enregistrait la naissance de 3,5 nouvelles sectes chaque semaine dans les années 80, et 5,4 au début des années 90.
Les schismes étant quotidiens parmi les « pasteurs » et les « évêques » de ces groupes, le nombre des temples ne cesse d’augmenter. Leurs origines sont très variées et leur existence parfois éphémère. C’est le cas pour la secte dénommée « Un homme qui a vu Jésus-Christ au cinéma », créée il y a deux ans à Sao Paulo par un individu qui avait vu un film sur la vie du Christ. Il a aujourd’hui disparu de la circulation.
La religion à toutes les sauces
Des centaines de micro-sectes au nom les plus bizarres – « L’épée à double tranchant », « La dernière barque pour le Christ », « Le Secours rapide de Jésus », « Dieu fait des merveilles », « Sois prêt ! » – s’adressent à des gens qui veulent guérir d’une maladie ou sortir d’une crise financière ou sentimentale.
Avec sa secte, Macedo a amassé des millions de dollars, acheté des chaînes de radio et de TV, des journaux. Ses millions ne représentent cependant qu’une goutte d’eau par rapport aux bénéfices liés aux investissements très lucratifs de la secte Moon dans ce pays, qui continue d’acheter à tour de bras terres, médias ou autres hôtels. (apic/cip/aci/pr)
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