France: l’eucharistie ne peut précéder le baptême
Paris, 25 juillet 2001 (APIC) L’Eglise catholique rappel son point de vue s’agissant de l’eucharistie, qui ne peut précéder le baptême. « C’est au titre du sacerdoce universel que l’on accède à l’eucharistie; cela signifie que l’on ne communie que si l’on est membre du peuple sacerdotal de Dieu, donc baptisé ». C’est ce que vient en effet de rappeler la Commission pour l’Unité des Chrétiens de la Conférence des évêques catholiques de France après des décisions prises par le Synode Réformé tenu à Soissons en mai dernier.
L’épiscopat catholique s’est exprimé par la voix de Mgr François Saint-Macary, archevêque de Rennes et président de cette Commission. En effet, explique dans un communiqué le Père Stanislas Lalanne, porte-parole des évêques, « l’Eglise réformée de France, prenant acte des situations de plus en plus variées des sympathisants qui cherchent à rejoindre ses rangs, a décidé que, dans des cas exceptionnels, il n’était pas impossible, au cours d’un accompagnement adéquat, que des personnes accèdent à la Sainte Cène avant d’avoir été baptisées ».
Ce type d’exception peut concerner aussi des enfants en cours de formation. La Commission épiscopale pour l’Unité des Chrétiens, émue par la décision du Synode réformé, a jugé nécessaire de « faire connaître ce qu’est le point de vue catholique sur une question aussi grave ». Elle explique que l’exception invoquée « ne peut, à ses yeux, suffire pour ouvrir une telle perspective, qui lui paraît contraire à ce que l’Eglise lit dans les Ecritures et dans sa tradition bimillénaire ».
Au titre du sacerdoce universel
Dans des « »réflexions » que lui inspirent les décisions du Synode réformé, Mgr Saint-Macary note que, pour parler du baptême et de l’eucharistie, il convient de replacer ceux-ci dans la cohérence de la doctrine et de l’expérience chrétiennes. « Si l’on considère la place respective de ces deux sacrements dans un parcours de foi comme indifférente ou interchangeable, écrit-il, on risque de ne plus saisir, d’un point de vue pratique et d’un point de vue dogmatique, la relation entre les deux. Dans la perspective catholique, le salut est donné gratuitement à l’homme dans la mort et la résurrection du Christ. L’homme y accède par la médiation de l’Eglise-sacrement. C’est la conséquence du régime de l’incarnation. Cette médiation est un élément important de différence avec la doctrine de l’Eglise réformée ».
Accéder à l’eucharistie, ajoute Mgr Saint-Macary, suppose que l’on discerne dans cette nourriture le corps et le sang du Ressuscité. Membres du peuple sacerdotal, ceux qui communient sont aussi ceux qui célèbrent l’eucharistie. Dans la célébration de l’eucharistie, c’est, en effet, pour la doctrine catholique, la communauté rassemblée (à condition qu’elle soit convoquée, réunie et présidée par un ministre ordonné) qui est le sujet intégral de l’action liturgique. C’est au titre du sacerdoce universel que l’on accède à l’eucharistie, ce qui signifie que l’on ne communie que si l’on est membre du peuple sacerdotal de Dieu, donc baptisé. Il n’est donc « pas acceptable que des non-baptisés, même à titre d’exception, puissent être admis à l’eucharistie, sciemment et de manière durable, même au long d’un accompagnement transitoire en vue du baptême ».
Une démarche réfléchie et libre
Les dispositions prises par le Synode réformé, souligne la Commission épiscopale, s’appuient sur la prise en compte pastorale de considérations psychosociologiques, qui rejoignent la réalité complexe et éclatée de la société contemporaine. Elle ajoute : « Toutes les Eglises qui accueillent sans distinction ceux qui se présentent ou des communautés chaleureuses largement ouvertes sont exposées à ce que des personnes non formées viennent participer à une célébration, en voyant dans la communion un geste de fraternité auquel elles s’associeront sans en discerner le sens. Dieu connaît les coeurs de celles et ceux qui agissent ainsi, mais quand les membres de la communauté le découvrent, il est de leur devoir d’avertir et de faire réfléchir les personnes concernées, en leur proposant un accueil et une initiation, comme cela s’est toujours fait au cours de l’histoire chrétienne ».
Dans la confusion actuelle, où ceux qui cherchent à donner plus de sens à leur vie sont tentés par des expériences variées, avant de prendre un engagement, la fréquence de ces cas particuliers est sans doute élevée, écrit-il. Raison de plus pour renforcer le catéchuménat, pour initier et préparer une démarche réfléchie et libre.
Un dialogue à approfondir
« Donner accès à la Cène sans baptême ne peut qu’introduire la confusion dans les esprits des croyants et des sympathisants qui s’approchent, observe encore la Commission épiscopale, et cette confusion risque d’être encore plus grande quand cela concerne des enfants et à des jeunes. Là se manifestent sans doute deux conceptions très différentes des sacrements que la Commission ne peut passer sous silence : d’un côté, des sacrements qui sont actes du Seigneur et chemins de grâce, inscrits dans la cohérence d’un parcours et d’une construction de l’être spirituel; de l’autre, des signes symboliques de même nature que la prédication de l’Evangile (…) et qui, à ce titre, sont des appels à croire et peuvent donc être distribués, occasionnellement, comme des signes de convivialité capables d’activer la foi ».
Pour Mgr Saint-Macary, « cela appelle à approfondir le dialogue car les mots ne recouvrent plus les mêmes choses ; cela nous invite à préciser notre pastorale de l’accompagnement ».
Le socle de notre unité
Aux yeux de la Commission épiscopale, la démarche oecuménique pousse à « une interpellation réciproque dans la clarté ». En 1982, rappelle-t-elle, le document de Lima sur le baptême, l’eucharistie et les ministères, proposé par la Commission Foi et Constitution du Conseil oecuménique des Eglises, a fait des propositions « qui nous semblent méconnues ici, en tout cas mises en cause ». La Commission cite: « Il y a une relation nécessaire entre notre compréhension et pratique du baptême et notre compréhension et pratique de l’eucharistie » (BEM 6). Pour sa part, le Groupe des Dombes a travaillé le consensus sur la notion de sacrement dans son texte de 1979 « L’Esprit Saint, l’Eglise et les sacrements », en des termes qui peuvent éclairer le débat.
Mgr Saint-Macary conclut: « Nous souhaitons que le dialogue nous permette de nous rapprocher sur la notion de sacrement et de préciser ce qu’est, pour nous tous, le baptême dont nous disons qu’il nous est commun. Nous constatons que nous ne sommes pas les seuls à exprimer une inquiétude. Or, la pratique dit quelque chose de la doctrine et si celle qui est proposée par le Synode de Soissons devait s’affirmer, nous ne serions plus aussi assurés de ce qui constitue le socle de notre unité. Cela signifierait un glissement dans la théologie du baptême. Ce serait un recul évident sur le chemin de l’unité ».(cip/cef/pr)
Genève: Session du Conseil Economique et social des Nations Unies
« La paix condition essentielle au développement »
Genève, 25 juillet 2001 (APIC) La paix est l’une des conditions essentielles du développement, et donc une responsabilité majeure de la communauté internationale, a estimé , Mgr Diarmuid Martin, chef de la Délégation du Saint-Siège à Genève a livré le 18 juillet à la session du Conseil économique et social des Nations Unies, qui se tient jusqu’au 27 juillet.
Le chef de la Délégation du Saint-Siège a notamment souligné les rapports entre paix, construction de structures démocratiques et mondialisation: « Il faut faire un effort commun, a demandé Mgr Martin, pour garantir la paix aux femmes, aux enfants et aux hommes qui n’ont connu que l’horreur de la guerre, parfois depuis des générations. C’est la responsabilité de tous, en Afrique comme hors de l’Afrique ».
Mgr Martin a rappelé les « immenses richesses humaines et culturelles de l’Afrique, desquelles il convient d’apprendre ». Et au moment où le mouvement d’urbanisation, avec les défis culturels et sociaux que cela implique, s’accentue, Mgr Martin a souligné la nécessité d’un « effort majeur pour garantir un développement plus soutenable au monde rural ». Il a indiqué des priorités: santé, éducation et irrigation sûre. Mais, surtout, Mgr Martin a recommandé « d’investir dans la sécurité alimentaire et dans les infrastructures de communication ».
Lutte contre l’exclusion
Au moment où Jean Paul II insistait sur la lutte contre l’exclusion, dans son message au G8, Mgr Martin insistait sur l’inclusion en disant que « la globalisation ne servira à aider la famille humaine que si elle se transforme en un processus d’inclusion ». Il a mis au centre de ce processus le respect de la dignité individuelle en même temps que l’unité de l’humanité. « Une mondialisation accompagnée d’une exclusion diffuse ne serait pas vraiment globale », a poursuivi le représentant du Saint-Siège.
Mgr Martin a fait remarquer que « la mondialisation est influencée par les décisions de personnes ». C’est pourquoi, a-t-il dit, pour parvenir à une « mondialisation de l’inclusion », et pour parvenir à la « réduction de la pauvreté », il convient d’admettre que l’importance de répondre aux besoins des plus faibles est une nécessité capitale pour le bien commun, pour les plus puissants également ». Pour ce faire, le prélat souligné la nécessité d’établir de nouveaux modèles d’association en vue d’inclure l’Afrique et tous les Africains pour en faire les acteurs de leur avenir comme les compagnons de notre recherche commune d’un développement digne de l’homme ». (apic/zn/mk/pr)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/france-l-eucharistie-ne-peut-preceder-le-bapteme/