Le préfet ne veut pas ordonner une expulsion dans la hâte

Fribourg: Vers une expulsion par la force des sans-papiers de l’Eglise Saint-Paul

Fribourg, 25 juillet 2001 (APIC) Les sans-papiers de Fribourg, menacés d’être expulsés par la force du centre paroissial de Saint-Paul, à Fribourg, auront quelques jours de répit. Nicolas Deiss, préfet de la Sarine, a fait savoir mardi qu’il ne se passera très probablement rien avant le 20 août. Le préfet assure que s’il y a intervention, elle sera annoncée publiquement. Il entend prendre le temps de traiter ce dossier délicat, d’autant qu`il estime ne pas être soumis à une pression d’urgence. «Dans cette affaire, il n’y a ni action violente, ni occupation de locaux commerciaux», argumente-t-il. Les sans-papiers restent sur le qui-vive.

«Dès le 20 août, ce sera chaud, car le centre est réservé pour les Rencontres de folklore internationales, on aura donc atteint la limite du possible,» déclare le préfet qui compte rencontrer les curés de la paroisse de Saint-Paul, l`évêque Bernard Genoud, puis les sans-papiers. Nicolas Deiss souhaite également attendre le retour de Claude Grandjean, directeur du département Justice et Police, qui doit examiner les dossiers des 84 personnes figurant sur la liste du collectif.

Le préfet insiste: «A la base de cette affaire, il y a malgré tout une occupation illégale. Nous avons un propriétaire (le Conseil de paroisse) qui est en droit de demander de retrouver l`usage de son local. Mais je pense pouvoir agir de façon tout à fait proportionnée. Quoi qu`il en soit, je ferai tout dans la transparence et n`accepterai en aucun cas une récupération politique de cette histoire.» Le préfet signale aux sans-papiers qu`ils n`ont plus à aller dormir dans l`église, comme ils l`ont fait lundi soir par crainte de voir débarquer la police. «S`il y a une action, elle sera annoncée publiquement. Mais nous n`en sommes pas là, et j`espère vivement trouver une solution d`ici là», précise le préfet.

Chez les sans-papiers, on reste toutefois sur le qui-vive.»Nous allons continuer à dormir dans l`église, car nous ne voulons prendre aucun risque», explique Gaétan Zurkinden, du mouvement de soutien. «Il existe toujours une part d`imprévu.» Le collectif entend toutefois profiter de ces trois semaines pour se renforcer et se préparer à l`expulsion. «Car on se fera virer, c`est évident», note Gaétan Zurkinden. «Nous voulons donc nous préparer à la situation que nous allons vivre dès le 20 août.» Dans cette optique, le collectif compte beaucoup sur le soutien des gens, notamment par le biais de la pétition qu`il a lancée il y a un peu plus d`une semaine, et qui a déjà récolté 3’000 signatures.

Le Bureau interparoissial soutient la paroisse

Le Bureau interparoissial de la ville de Fribourg (BIP) a quant à lui apporté son soutien à la décision du Conseil de paroisse de Saint-Paul de faire appel à la force publique pour évacuer les sans-papiers. Le bureau estime que, dans cette affaire, le Conseil de paroisse de Saint Paul et son président Etienne Gruber ont fait preuve de patience. (apic//lib/mk/pr)

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