Londres: Amnesty International dénonce le racisme, la xénophobie et l’intolérance

« Là où il y a racisme, il ne peut y avoir justice »

Londres, 25 juillet 2001 (APIC) Amnesty International (AI) dénonce le racisme, la xénophobie et l’intolérance, dans un rapport que l’organisation des droits de l’homme publie à la veille des travaux de la Conférence mondiale des Nations Unies contre le racisme, qui se tiendra du 30 août au 7 septembre 2001 à Durban en Afrique du Sud. Dans son nouveau rapport intitulé « Les dérives de la justice », AI estime que là où il y a racisme, il ne peut y avoir de justice.

Selon AI, plus de 300 millions d’autochtones, sont encore confrontés à la discrimination dans leur vie quotidienne, et de nombreuses personnes sont visées par d’autres atteintes graves aux droits humains.

Le racisme, lorsqu’il n ’est pas jugulé, peut être à l ’origine de grands drames, peut-on lire dans ce rapport, qui rappelle l’horreur qui a frappé le Rwanda lorsque, en 13 semaines, un million de personnes ont été massacrées en 1994 à cause de leur appartenance ethnique.

Aux Etats Unis, des études ont régulièrement démontré que l’origine ethnique, en particulier celle de la victime d’un meurtre, est un facteur essentiel lorsqu’il s’agit de déterminer si l’accusé sera ou non condamné à la peine capitale. Il y a pratiquement autant de Noirs que de Blancs parmi les victimes de meurtres, cependant plus de 80% des prisonniers exécutés depuis 1977 avaient été condamnés pour le meurtre d ’un Blanc.

En Inde, AI dénonce « l’apartheid caché » qui frappe plus de 160 millions de dalits, autrefois appelés « intouchables ». Ces derniers sont victimes de toute sorte d’atteintes aux droits humains en raison de la caste à laquelle ils appartiennent. La plupart de ces violences ne font l’objet d’aucune enquête et demeurent impunies.

Minorités ethniques victimes de la discrimination

Les minorités ethniques sont susceptibles d’être victimes de discrimination où qu’elles vivent. Au Royaume-Uni, la police a été condamnée pour négligence dans sa réaction à des agressions racistes. En Turquie, la communauté kurde n’est pas légalement reconnue et faire publiquement référence au « peuple kurde » est passible d’une peine d’emprisonnement. En Europe, les Roms sont généralement considérés comme des délinquants et passés à tabac.

Le rapport AI déplore que 300 millions d’autochtones sont encore confrontés à la discrimination dans leur vie quotidienne, et de nombreuses personnes sont visées par d’autres atteintes graves aux droits humains. Leur vulnérabilité est d’autant plus grande qu’ils ne bénéficient de pratiquement aucune protection de la part de l ’Etat.

C’est le cas au Honduras où la police a persécuté des autochtones déterminés à protéger leurs droits. Le gouvernement a signé plusieurs accords avec des dirigeants locaux mais la protection est toujours insuffisante. Depuis dix ans, 25 dirigeants de communautés indigènes ont été tués en raison de leur militantisme.

En Australie, les Aborigènes continuent d’être économiquement désavantagés et confrontés à un déséquilibre social ainsi qu’à une discrimination généralisée.

Plans d’action nationaux

Le rapport d’Amnesty International appelle les gouvernements à adopter des plans d’action nationaux afin de lutter contre le racisme et d’y intégrer des mesures spécifiques concernant le fonctionnement de la justice. Ce rapport formule plusieurs recommandations. (apic/com/mk/pr)

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