ONU: Examen du rapport du Guatemala par le Comité des Droits de l’homme
Genève, 29 juillet 2001 (APIC) Le Comité des Droits de l’homme de l’ONU a entamé à la mi-juillet l’examen du rapport sur le Guatemala. La situation de ce pays reste très précaire et son gouvernement manque de volonté politique pour condamner les auteurs d’atrocités, a déclaré le comité le 28 juillet devant la presse.
Quatre ans après de la signature des « Accords de Paix », le Guatemala fait face aux problèmes liés à l’instauration d’une culture démocratique. Le Comité des Droits de l’homme de l’ONU a manifesté vendredi sa préoccupation par rapport aux pratiques de lynchage et d’intimidation. Le climat d’impunité qui se vit actuellement dans ce pays latino-américain constitue une grande difficulté, selon les experts, pour bâtir une démocratie.
La discrimination, la torture, les traitements cruels, les meurtres extra-judiciaires et les lynchages sont encore une réalité au Guatemala. Ces violations sont plus fréquentes chez les membres les plus vulnérables de la société, notamment chez les femmes indiennes. L’impunité de la violence contre les femmes constitue la norme au Guatemala, affirme le comité.
Aidée López de la Commission des Droits de l’Homme du Guatemala (CDHG), affirme que les intimidations contre les personnes clés dans les procès sont devenues monnaie courante dans son pays. Pour sa part Jos Alberto Flores de la CDHG souligne que « la violence est présente pour garantir l’impunité, cela est démontré par les nombreux vices de forme dans les procès judiciaires: altération de preuves, perte de documents, retards, appels, longueur des procès ».
Prostitution et abus dans le service domestique
Les jeunes, surtout des filles d’autres pays d’Amérique centrale comme El Salvador, Honduras ou Nicaragua, se retrouvent au Guatemala sans le vouloir. Victimes de promesses de travail aux Etats-Unis, de nombreuses filles et femmes sont finalement vendues comme prostituées dans des boîtes de nuit, dénonce CDHG.
Autre sujet de préoccupation: les femmes indiennnes, qui arrivent dans les grandes villes pour trouver du travail, sont employées comme domestiques avec des « salaires de misère » selon la représentante du CDHG. Sans parler des horaires interminables qui vont de 6 du matin 22 heures. Et « quand elles ont la chance de tomber sur de bonnes gens, elles ont le dimanche libre au moins une fois par mois. » Ces femmes travaillent sans aucun contrat, elles n’ont pas de sécurité sociale.
Adoptions abusives et à but commercial
Aidée López souligne également que le Guatemala encourage les adoptions internationales, surtout vers des pays européens ou aux Etats-Unis, avant de tenter les solutions au niveau national.
La rapporteuse sur les enfants des Nations Unies, Ofelia Calcetas-Santos a dénoncé le fait que des avocats, des notaires, des médecins et même des juges sont impliqués dans l’enlèvement de bébés de leur famille pour les donner en adoption. Selon le rapport du CDHG, l’enfant est considéré comme une marchandise et n’est pas protégé par la loi. Une étude faite par le Bureau des Droits de l’homme (PDH) signale que 98% des adoptions faites pendant l’an 2000 comportaient des irrégularités. Ce type de procédure profite souvent du fait que la majorité des femmes sont analphabètes pour leur arracher leur enfant. (apic/iac/bb)
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