Pretoria, 31 juillet 2001 (APIC) La Conférence des évêques catholiques de l’Afrique australe s’est déclarée lundi 30 juillet au terme de leurs travaux d’une semaine à Pretoria, opposée au recours au préservatif dans la lutte contre le sida. Seule exception à la règle admise par la Conférence: le cas des couples dont un des partenaires est atteint de la maladie.
«Les évêques considèrent la promotion large des préservatifs comme une arme immorale et erronée dans notre bataille contre le sida», souligne le communiqué des évêques catholiques d’Afrique du Sud, du Botwana et du Swaziland, publié à l’issue de la session. Pour les évêques, «les préservatifs pourraient même être l’une des principales causes de la propagation du sida-VIH».
Selon les prélats africains, l’utilisation du préservatif constitue une atteinte à la dignité humaine et transforme l’acte d’amour en une recherche égoïste du plaisir, sans garantir une protection contre le sida.
Le cardinal Wilfrid Napier a réitéré cette position traditionnelle de l’Eglise catholique lors de l’analyse d’une proposition de l’évêque sud-africain Kevin Dowling qui s’était prononcé au début du mois pour la levée de la condamnation des préservatifs dans la lutte contre le sida. L’évêque Dowling a été témoin des ravages dus au VIH dans la région des mines de platine et les bidonvilles autour de Rustenburg, dans la province du Nord-Ouest. Près de la moitié de la population dans cette région est séropositive, selon les statistiques de l’hôpital catholique local.
Les évêques ont au contraire exprimé leur préoccupation devant la préconisation des préservatifs par les gouvernements de la région. «L’abstinence et la fidélité sont les moyens humains et chrétiens, de surmonter le sida-VIH», ont-ils déclaré. La seule exception à la règle admise par las Conférence a été le cas des couples dont un des partenaires est atteint du sida. «Dans ce cas, il y a un réel danger pour le partenaire sain de contracter la maladie mortelle. L’Eglise accepte le fait que chacun a le droit de protéger sa vie contre un danger mortel», soulignent les évêques.
Chiffres éloquents
En Afrique du Sud, 4,7 millions de personnes étaient séropositives ou atteintes de sida fin 2000, soit une personne sur neuf, tandis qu’au Botwana, on estime à plus du tiers de la population le nombre de personnes infectées. Au Swaziland, environ un cinquième de la population est atteinte du virus. (apic/lib/mk/pr)
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